Ouganda : L’archevêque Odama craint que les négociations de paix soient mis en péril
Kampala, 13 septembre (Apic) Fait-il amnistier les chefs de guerre rebelles afin de hâter le processus de paix en Ouganda, comme le demande l’archevêque catholique Odama? L’ONU ne veut en entendre parler et juge inacceptable l’impunité pour de telles personnes.
L’archevêque catholique romain de Gulu a averti que le maintien des accusations de la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre des principaux leaders rebelles pourrait mettre en péril les négociations de paix qui ont lieu à Juba, dans le sud du Soudan. « Il s’agit d’un moment crucial dans le processus de paix pour sauver les vies des personnes qui sont dans les camps, notamment les enfants, » a déclaré Mgr Odama à l’agence ENI.
Ses propos sont intervenus après que Jan Egeland, responsable de l’humanitaire aux Nations Unies, eut insisté, lors d’une conférence de presse à Nairobi le 12 septembre, sur le fait que l’impunité pour les crimes de guerre dans la région était inacceptable. « Il ne devrait y avoir aucune impunité pour les personnes accusées de crimes contre l’humanité ou qui que soit d’autre qui en a commis, » a déclaré Jan Egeland après sa tournée en Ouganda, en République démocratique du Congo et au sud du Soudan. Le responsable onusien a par ailleurs fait part de son optimisme quant à la possibilité que certains des pires conflits africains arrivent à leur terme. Cependant, a-t-il ajouté, « ceux qui ont été accusés doivent faire face à la justice. Mais le plus important à l’heure actuelle, c’est de faire tout notre possible pour mettre fin à la guerre. »
Mise en péril du processus de paix?
Certains habitants du nord de l’Ouganda, pris dans une guerre qui oppose les soldats du gouvernement et les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), s’inquiètent des mises en accusation de la CPI, qui pourraient mettre en péril les pourparlers de paix. Cependant, selon Jan Egeland, le processus de paix peut se poursuivre même une fois que les mandats d’arrêt seront délivrés.
Des responsables des Nations Unies ont affirmé que certaines personnes ne sont pas convaincues par la démarche de l’archevêque Odama, souhaitant plutôt une justice qui empêchera que les atrocités ne se reproduisent, tout en cherchant à réhabiliter ceux qui sont touchés par le conflit. (apic/eni/bb)
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