Le pape ne fait pas siennes les paroles négatives sur l’islam

Rome: Benoît XVI espère que ses propos sur la foi et la raison susciteront un dialogue positif

Rome, 20 septembre 2006 (Apic) Benoît XVI espère qu’après les premières réactions négatives suscitées par ses propos sur l’Islam à l’université de Ratisbonne, le 12 septembre dernier, ceux-ci favoriseront finalement «le dialogue positif et autocritique» entre les religions ainsi qu’entre la raison moderne et la foi des chrétiens. C’est ce que le pape a déclaré devant plus de 20’000 fidèles, le 20 septembre, lors de l’audience générale place Saint-Pierre.

Revenant sur son voyage de six jours en Bavière du 9 au 14 septembre dernier, le pape s’est particulièrement arrêté sur sa rencontre avec le monde universitaire et étudiant à l’université de Ratisbonne, le 12 septembre dans l’après-midi. Le pape a alors rappelé qu’il avait pu «avec joie rencontrer une nouvelle fois le monde universitaire qui a été sa patrie spirituelle durant une grande partie de sa vie» dans l’université où il a été professeur de 1969 à 1977.

J’avais choisi pour thème «la question du rapport entre foi et raison», a rappelé le souverain pontife. «Pour introduire l’auditoire dans le caractère dramatique et dans l’actualité du sujet, j’ai cité certaines paroles du dialogue islamo-chrétien du 14e siècle dont l’interlocuteur chrétien, l’empereur byzantin Manuel II Paléologue, présente d’une façon brutale incompréhensible pour nous, à l’interlocuteur musulman, le problème du rapport entre violence et religion», a-t-il alors souligné, faisant référence aux propos qui ont généré des polémiques de la part du monde musulman. «Cette citation, malheureusement, a pu se prêter à un malentendu».

«Au lecteur attentif de mon texte, il est clair cependant que je ne voulais en aucun cas faire miennes les paroles négatives prononcées dans ce dialogue par l’empereur médiéval et dont le contenu polémique n’exprime pas ma conviction personnelle», a alors expliqué le pape théologien. «Mon intention était très différente». «Partant de ce que Manuel II dit ensuite de façon positive, avec une parole très belle», cherchant «le caractère raisonnable» dans la transmission de la foi, «je voulais expliquer que ce ne sont pas la religion et la violence mais la religion et la raison qui vont ensemble», a alors déclaré le pape sous les applaudissements des fidèles.

Pour un dialogue positif et autocritique entre les religions

Le thème de la conférence, répondant à la mission de l’université, «voulait inviter au dialogue de la foi chrétienne avec le monde moderne, et au dialogue de toutes les cultures et religions», a encore affirmé le pape.

«J’espère qu’à différents moments de ma visite, comme à Munich, quand j’ai souligné combien il était important de respecter ce qui est sacré pour les autres, est apparu avec clarté mon profond respect des grandes religions, et en particulier pour les musulmans qui adorent l’unique Dieu et avec lesquels nous sommes engagés à défendre et promouvoir, ensemble pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté». «J’ai donc confiance dans le fait qu’après les réactions du premier moment, mes paroles à l’université de Ratisbonne, pourront constituer un élan et un encouragement pour un dialogue positif et autocritique tant entre les religions qu’entre la raison moderne et la foi des chrétiens», a conclu le pape.

L’ensemble de l’audience était comme de coutume une relecture personnelle du pape sur les différentes étapes de son voyage apostolique à l’étranger. Le pape était entouré de 12 gardes du corps, soit de deux fois plus que de coutume pour une audience générale. (apic/imedia/ar/bb)

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