Du rap et un message de l’abbé Pierre à la cathédrale de Genève

Genève: Célébration interreligieuse pour la Journée internationale de la paix

Genève, 22 septembre 2006 (Apic) A l’occasion de la Journée internationale de la paix, l’Appel spirituel de Genève a mis sur pied une célébration interreligieuse dans la cathédrale le soir du 21 septembre. Les participants ont pu entendre, entre autres, le témoignage d’une jeune fille du Kosovo qui a créé un club rassemblant enfants serbes et albanais et un message de l’abbé Pierre lu par le porte-parole de la Mosquée de Genève.

« Nous demandons aux décideurs de ne pas invoquer une force religieuse ou spirituelle pour justifier la violence, de ne pas se référer à une telle force pour justifier toute discrimination et exclusion, de ne pas user de sa capacité intellectuelle ou de sa richesse pour exploiter ou dominer l’autre ». Tel est, en substance, l’Appel spirituel de Genève, lancé en 1999 par le pasteur William A. McComish, pasteur et doyen de la Cathédrale Saint-Pierre de Genève, avec des ecclésiastiques d’autres confessions et religions.

Cet appel a retenti à nouveau jeudi soir dans la cathédrale de la ville du bout du lac, à l’occasion de la Journée internationale de la paix du 21 septembre. Outre des prières et des chants bahaïs, bouddhistes, juifs, hindous, sikhs et chrétiens, on a entendu le président de l’Eglise protestante de Genève, Georges Bolay, insister sur le respect de la dignité de la personne, menacé par des abus d’autorité.

Ont également été lus à cette occasion des messages du secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, et de l’abbé Pierre, transmis par le porte-parole de la Mosquée, Hafid Ouardiri. « Il y a deux lois, une de vie qui consiste à servir le premier le plus souffrant et une de mort qui consiste à servir le premier le plus fort. On ne s’entretue pas pour servir le plus faible », affirme l’abbé Pierre dans son texte de soutien à la Journée de la paix.

Des clubs d’enfants pour la paix au Kosovo

Une jeune fille musulmane de 18 ans, Fatmire Feka, est venue du Kosovo parler des clubs d’enfants pour la paix qu’elle a fondés dans sa patrie. « Durant la guerre, nous avons vu des choses qu’aucun enfant n’aurait dû voir et vécu des choses qu’aucun enfant n’aurait dû vivre », a-t-elle déclaré. Elle souffre elle-même de la disparition d’une soeur et d’un frère.

Fatmire en a éprouvé de la haine pour les Serbes, mais a vite compris que cette haine ne menait qu’à l’autodestruction. Elle a alors lancé, en 2002, ces clubs, serbes et albanais, dans différentes régions du Kosovo. Il existe aujourd’hui 14 clubs rassemblant 360 enfants qui communiquent entre eux par des visites et des échanges de lettres.

Dans la ville de Mitrovica, divisée ethniquement, des jeunes serbes et albanais organisent des tours des sites religieux chrétiens et musulmans, afin d’en apprendre plus sur la foi de l’autre. Il y a ainsi une « journée du nettoyage », un appui pour des enfants handicapés ou défavorisés et des camps pour la paix mis sur pied au Monténégro pour la jeunesse serbe, albanaise et bosniaque.

La célébration a été agrémentée par les prestations musicales de deux choeurs d’enfants et du groupe de rap Zginga qui a posé cette lancinante question: « Où va le monde, maman ? » (apic/mba/be)

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