Rome: Le pape va recevoir les ambassadeurs des pays musulmans auprès du Saint-Siège
Rome, 22 septembre 2006 (Apic) Benoît XVI recevra lundi 25 septembre dans sa résidence d’été de Castel Gandolfo les ambassadeurs des pays musulmans accrédités auprès du Saint-Siège ainsi que les représentants de l’islam en Italie. Le pape souhaite, à l’occasion de cette réunion au caractère exceptionnel, renouer le dialogue avec les représentants de l’islam après la violente polémique suscitée par ses propos sur l’islam tenus à l’Université de Ratisbonne, en Bavière.
Comme l’avait récemment évoqué le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, une réunion entre les diplomates des pays musulmans accrédités auprès du Saint-Siège et les autorités vaticanes aura bien lieu le 25 septembre.
C’est la Secrétairerie d’Etat qui les a conviés à cette audience, tandis que le cardinal Poupard a invité les représentants du monde islamique en Italie, dont le recteur de la Mosquée de Rome, Abdellah Radouani, à se joindre à cette rencontre extraordinaire.
Cette rencontre se situe dans le contexte des récentes tensions entre le Saint-Siège et le monde musulman, suscités par les propos tenus par Benoît XVI au sujet de l’islam, dans un long discours prononcé à l’Université de Ratisbonne, le 12 septembre dernier.
La prochaine rencontre entre le pape et les représentants musulmans est un signal en faveur du dialogue, estime ainsi le cardinal Paul Poupard. C’est un signal très parlant pour un dialogue plus que jamais nécessaire, a déclaré le cardinal Paul Poupard à l’agence I.MEDIA le 22 septembre 2006. Le Bureau de presse du Saint-Siège a confirmé le même jour cette audience, à laquelle participera aussi le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
Cette rencontre «est un signal est donné aux nombreux participants», a-t-il insisté. Selon le président de dicastère, l’objectif de cette réunion est clair, c’est «une réponse à l’appel au dialogue franc et loyal entre nous tous» afin «d’oeuvrer pour la paix». Une telle rencontre résulte-t-elle d’un souhait des ambassadeurs des pays à majorité musulmane accrédités auprès du Saint-Siège ? Le cardinal français a répondu que «c’est ensemble que se font les échanges». «Nous cherchons à pacifier les esprits» dans une volonté «de collaboration» entre «la Secrétairerie d’Etat, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, les ambassades (des pays à majorité musulmane près le Saint-Siège, ndlr) et les amis musulmans», a-t-il expliqué.
De son côté, l’ambassadeur d’Irak près le Saint-Siège, le chrétien Ismail Yelda, a confié à I.MEDIA qu’il espérait pouvoir échanger quelques mots avec le cardinal Poupard au cours de cette rencontre qualifiée «de geste positif». Le diplomate ne veut pas seulement écouter des déclarations, mais espère «que cela permettra à tous de faire leurs remarques».
L’occasion de «clarifier» les propos de Benoît XVI
Selon lui, cette audience extraordinaire sera l’occasion de «clarifier» les propos de Benoît XVI auprès des pays qui se sont sentis «offensés». Certaines personnes «ont encore du mal à digérer ses mots», a expliqué l’ambassadeur irakien à I.MEDIA. Mais le pape a été très clair dans sa volonté réelle de mener «un dialogue compréhensif et ouvert» en vue de la paix, a-t-il renchéri.
Quelque 24 pays à majorité musulmane ont un ambassadeur au Vatican. Parmi eux figurent l’Algérie, le Bangladesh, l’Egypte, l’Erythrée, l’Indonésie, l’Iran, le Kenya, le Koweït, la Libye, le Maroc, le Népal, le Nigeria, le Pakistan, le Qatar, le Sénégal, la Syrie, la Somalie, le Soudan, la Tunisie, la Turquie et le Yémen.
Le Saint-Siège poursuit ses efforts pour calmer les tensions avec le monde musulman, notamment sur le plan diplomatique, suite à l’interprétation des propos de Benoît XVI à l’Université de Ratisbonne, le 12 septembre dernier. Les nonces des pays à majorité musulmane ont entrepris un travail d’explication du texte. (apic/imedia/ar/be)
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