Mise en garde de Mgr Silvano Tomasi, observateur auprès de l’ONU

Genève: Ne pas récupérer les revendications religieuses à des fins politiques

Genève, 22 septembre 2006 (Apic) Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies à Genève, a déclaré que les revendications religieuses ne devaient pas être récupérées à des fins politiques. Il a souligné la nécessité d’un dialogue entre les peuples afin de ne pas « transformer les revendications religieuses en intérêt politique personnel ».

Mgr Tomasi s’exprimait lors de la 2e session du Conseil pour les Droits de l’homme, à Genève, le 21 septembre 2006. Il est aussi revenu sur le discours de Benoît XVI à l’Université de Ratisbonne, qui a déclenché une vague de protestation dans le monde musulman.

Le représentant du Saint-Siège a déclaré que la religion et la raison étaient « enracinées en l’homme, croyant ou pas ». Il a ainsi dénoncé les idéologies qui transforment les revendications religieuses en intérêt politique personnel. Le prélat a alors demandé une plus profonde compréhension du rôle fondamental de la religion chez les personnes et dans les communautés. Il a souhaité « un dialogue honnête et fructueux » entre les religions. Le diplomate a aussi confié que ces échanges pouvaient soit être un potentiel de peurs et de conflits, soit être une nouvelle phase d’enrichissement.

Pour la protection des minorités religieuses

Mgr Tomasi a ensuite rappelé le consensus obtenu, il y a 20 ans, par la communauté internationale sur l’éradication de toute forme d’intolérance et de discrimination fondée sur la religion ou la croyance, notant que les structures légales pour le respect des droits de l’homme n’étaient « pas encore suffisamment développées ». Il a particulièrement insisté sur la protection des minorités religieuses.

Le diplomate a conclu les discussions de cette réunion centrée sur la tolérance et la liberté religieuses en revenant une nouvelle fois sur les propos du pape sur l’islam qui ont déclenché une vaste polémique.

Le représentant du Saint-Siège a ainsi déclaré que « là où il y un doute, le meilleur interprète d’un texte est l’auteur lui-même ». Pour lui, lors de l’angélus du 17 septembre et de l’audience générale du 20 septembre, le souverain pontife a expliqué ce qu’il avait voulu dire. C’est « simple justice que d’accepter ses paroles », a-t-il estimé.

Trois jours auparavant, Mgr Tomasi, lors de son premier discours à Genève, avait invité les Nations Unies à comprendre le sens réel des paroles de Benoît XVI à l’Université de Ratisbonne. Il avait ainsi demandé que le texte « soit relu dans son intégralité », accusant les titres déformants des médias, pendant la vague de manifestations. (apic/imedia/pad/be)

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