L’agence photographique ferme au 31 décembre

Fribourg: Malgré un développement technologique réjouissant, CIRIC cesse ses activités

Jacques Berset, agence Apic

Fribourg, 25 septembre 2006 (Apic) Malgré une collaboration avec l’agence de presse catholique Apic jugée « excellente » et un développement technologique réjouissant, l’agence photographique CIRIC à Fribourg fermera ses portes le 31 décembre prochain. Ce sont les résultats de la vente de photos – quelque 40’000 francs escomptés pour l’année 2006, soit la moitié de la somme budgétée pour l’exercice – qui ont précipité la fin de cette agence fondée à Genève par le Père Pierre Chevalier au tournant des années 60.

Lors de l’assemblée ordinaire du 19 mai dernier, le président Michel Monney avait averti les membres de l’association CIRIC que 2006 serait une « année charnière » qui décidera du sort de l’agence. Vendredi soir, lors d’une assemblée générale extraordinaire, le président de CIRIC n’a pu que constater que la barre ne pouvait être redressée, parlant même de « glissade totale ». Constatant que toutes les tentatives de redressement ont échoué, la cessation des activités de l’entreprise a été votée à l’unanimité des membres de l’association présents à Fribourg.

On savait que l’agence seule – sans la subvention de la Conférence centrale catholique romaine CCCR/RKZ et sans synergie avec Apic – n’était pas viable à terme. Les 55’000 francs de la RKZ seront versés pour la dernière fois l’an prochain. L’organe de financement de l’Eglise compte que sa subvention servira à solder une dette de quelque 101’000 francs que CIRIC doit encore rembourser. La RKZ avait déjà annoncé ne plus vouloir renouveler le mandat de prestation de CIRIC, ce qui ne laissait plus de grandes perspectives d’avenir pour l’agence.

Solder les dettes et trouver un acquéreur pour la photothèque

CIRIC, Centre international de reportages et d’information culturelle, est une agence catholique spécialisée dans le reportage photographique fondée à Genève en 1961 par le Père Pierre Chevalier. Les perspectives de développement de CIRIC – grâce à la mise en service de la plateforme numérique « Algoba » qui permet le téléchargement automatique des photos sur internet – semblaient certes positives, mais le président Michel Monney avertissait déjà en mai dernier que sans l’apport financier de la RKZ, le CIRIC ne pouvait pas subsister.

La RKZ se base, pour refuser de prolonger son subventionnement, sur les indications des instances pastorales, notamment de la COR – la Conférence des ordinaires de la Suisse romande – « qui estiment qu’une agence de photos n’est pas indispensable voire plus une priorité pour elles », remarque Michel Monney. Qui déplore le manque de solidarité des instances ecclésiastiques. De plus, ce qui n’a pas arrangé les choses, certains clients importants ne commandent plus de photos à Fribourg depuis le départ du photographe « maison » de CIRIC Suisse, Jean-Claude Gadmer, dont le Comité s’était séparé en 2005 en raison de la situation financière de l’agence, déjà à l’époque très préoccupante.

D’autre part, certains anciens clients de CIRIC se servent directement sur internet, souvent sans rien payer, et n’ont pas conscience que produire des photos et gérer un stock d’images engendre des coûts d’infrastructures et de personnel. Depuis la mi-2005, CIRIC salarie deux personnes à Fribourg (soit l’équivalent de 1,1 poste) et bénéficie également de l’engagement bénévole d’une personne à mi-temps.

Le personnel de l’entreprise sera remercié pour la fin de l’année, mais l’association CIRIC en tant que telle ne va pas encore disparaître avant que n’ait été trouvée la solution pour solder la dette de l’agence et surtout assurer le devenir de la riche photothèque de CIRIC. Les statuts prévoient en effet qu’en cas de dissolution de l’association, elle doit être cédée à une organisation sans but lucratif. (apic/be)

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