Caracas, 29 septembre 2006 (Apic) Les relations entre le gouvernement et l’Eglise catholique au Venezuela s’améliorent, estime la Conférence épiscopale vénézuélienne. Mais les évêques ont toujours de sérieuses inquiétudes concernant la militarisation croissante de la société et les efforts pour diminuer l’enseignement religieux dans les écoles publiques,
Nouveau président de la Conférence épiscopale du Venezuela, Mgr Ubaldo Santana Sequera relève que les évêques se sont plaints que le président Hugo Chavez utilise souvent une terminologie religieuse dans ses discours politiques.
Mgr Santana Sequera a rencontré cette semaine des responsables de l’Eglise catholique américaine à Washington. Dans une interview accordée à l’agence de presse catholique CNS, l’archevêque de Maracaibo demande que l’on ne fasse pas usage de termes religieux dans un contexte politique, dans un pays où le 96% des 25 millions d’habitants sont catholiques.
L’archevêque vénézuélien n’a pas commenté publiquement le discours tenu le 20 septembre à l’ONU par le président Chavez où il a qualifié le président George W. Bush de « démon ». Chavez a ponctué sa vive critique par un signe de croix et en joignant les mains en signe de prière. Malgré les tensions passées avec le président Chavez, Mgr Santana Sequera a souligné que les relations et la communication entre l’Eglise et l’Etat sont devenues meilleures parce que les factions modérées au sein du gouvernement « comprennent que l’Eglise a un rôle positif dans la société ».
L’Eglise va surveiller les élections
Une action du gouvernement a aidé à améliorer la situation, a-t-il souligné, c’est la décision d’abandonner un projet de loi sur l’éducation qui aurait diminué les cours de religion dans les écoles publiques et donné au gouvernement le premier rôle pour déterminer le système d’éducation.
Mgr Santana Sequera a relevé que les évêques ont mis sur pied une commission de prêtres, de religieux et de laïcs pour développer des programmes de vote non partisans pour les élections présidentielles de décembre prochain où le président Chavez se représente. « Le but est d’aider les citoyens à voter librement et selon leur conscience » et de promouvoir le dialogue et la compréhension entre les partis politiques, a-t-il ajouté.
Dans un document publié en juillet dernier, la Conférence épiscopale vénézuélienne met en garde contre l’augmentation de la violence criminelle, « un climat de guerre » et la « militarisation de la société », illustrée notamment par la création de groupes paramilitaires. Les évêques dénoncent le « militarisme, la surabondance d’armes, les abus de la police et l’impunité » qui créent « un état d’anxiété et d’alarme dans la société et neutralise la possibilité de protester légalement ». La Conférence des évêques déplore également la grande pauvreté qui est la cause principale de l’instabilité du pays. (apic/cns/be)
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