Echanges autour des mutations que l’Eglise est en train de vivre

Renens: Le diocèse de LGF a tenu son 2e Forum en présence de 500 participants

Pour l’Apic, Déo Negamiyimana

Renens, 1er octobre 2006 (Apic) Le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qui englobe également, a vécu samedi à Renens (VD) son 2e Forum, après celui d’octobre 2003 à Genève, qui avait marqué le lancement des restructurations en unités pastorales.

A Renens, les participants ont entre autres entamer une réflexion sur les Missions linguistiques, sur les «éloignés de l’Eglise», décrypter les changements sociaux actuels ou encore évaluer la mise en place des unités et des équipes pastorales. Plus de 500 participants ont pris part à ce rendez-vous. A noter les présences de Mgr Bernard Genoud, évêque diocésain, de Mgr Pierre Farine (Genève), de Mgr Pierre Bürcher (Lausanne) et de Mgr Rémy Berchier, vicaire général du diocèse.

La paroisse catholique Saint-François à Renens a donc accueilli samedi ce 2e forum diocésain. Les échanges ont tourné autour de nombreuses mutations que l’Eglise est en train de vivre. Aux questions que se posent les quelque 500 participants, Mgr Bernard Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, a recommande de ne pas céder au désespoir.

La liste des participants affichait 300 personnes. Ils étaient près du double samedi. Sans compter une quarantaine de prêtres venus se joindre à leurs paroissiens. Les catholiques du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg se sont montrés préoccupés par les changements que leur Eglise est en train de traverser. A partir d’une dizaine d’ateliers qui ont duré deux heures avant midi, trois thèmes ont fait l’objet d’une table ronde. D’abord la planification de la pastorale, ensuite la collaboration avec les missions linguistiques et enfin la proposition de la foi.

Découpage

Concernant la planification de la pastorale issue du découpage du diocèse en 52 unités pastorales, les fidèles se sont interrogés sur la part qui revient désormais aux prêtres et aux laïcs. Mgr Genoud a répondu que ce nouveau paysage diocésain entend faire comprendre que l’annonce de l’évangile n’est plus simplement une affaire du clergé. «J’invite tout le monde à travailler main dans la main. Que les prêtres déjà responsables des paroisses ne se sentent pas surchargés suite aux nouvelles attributions liées aux unités pastorales. Chacun doit témoigner de sa foi dans le nouveau programme de planification pastorale», a recommandé le prélat, rappelant qu’un chrétien digne de ce nom est celui qui rayonne par son excellente qualité fraternelle. «Ne perdez surtout pas votre espérance. Car un chrétien sans espérance est comparable à une personne atteinte de crise cardiaque. Il ne peut plus vivre», a-t-il souligné.

Par ailleurs la question des unités pastorales appelle la disparition de certaines paroisses ou la réduction des messes par ici, par là. A cette inquiétude, l’évêque diocésain demande que les catholiques suivent l’évolution de la situation. Et de donner l’exemple du regroupement scolaire auquel parents et élèves sont en train d’assister. «Plutôt que de laisser les enfants abandonner l’école, les parents louent des bus scolaires pour aller à une trentaine de kilomètres». «Est-ce que les chrétiens qui ne sont pas satisfaits du nombre de messes vont s’organiser de la même manière pour aller à la messe en groupe?», s’est demandé Mgr Bernard Genoud.

A propos des missions linguistiques

En abondant dans le même sens, Mgr Rémy Berchier, vicaire général du diocèse de LGF a demandé aux catholiques d’assumer les défis locaux.

Au sujet du thème de la foi et de la migration, les fidèles ont voulu savoir si Mgr Genoud se sentait dans le camp des déçus à la suite des votations du 24 septembre dernier. «Je ne suis pas du tout déçu. Au contraire, je suis parmi les stimulés dans le sens où je me sens porté par le sens des valeurs d’humanité et d’amour».

Mgr Genoud a encore attiré l’attention des participants au sujet de la grande capacité d’organisation qu’il observe auprès des Missions linguistiques, notamment les missions italienne, espagnole et portugaise. Le prélat a exprime son admiration particulière pour la Mission portugaise de Genève qui arrive à faire tourner une communauté de plus de 25’000 paroissiens. «A part 3 prêtres salariés, les autres sont des bénévoles. Jusqu’au secrétariat. Dans une Eglise où tout change dans notre diocèse, nous devrions prendre ce modèle», a estimé l’évêque qui apprécie la richesse culturelle qu’apportent les Missions de langues étrangères.

Les participants à ce second Forum ne se sont pas contentés d’écouter leur évêque. Ils lui ont fait comprendre que certaines paroisses ont des réserves financières qu’elles devraient partager justement avec ces missions linguistiques pour les aider à surmonter les difficultés financières. Pareille pour les autres paroisses nécessiteuses. Mgr Genoud a accueilli positivement cette remarque et a déconseillé aux paroisses concernées de ne pas trop s’enfermer dans la comptabilité analytique face à ceux qui sont dans le besoin.

Dernier sujet de la table ronde: la proposition de la foi et la planification de la pastorale. Parallèlement à l’appel de Mgr Genoud qui a exhorté les participants à suivre le prophétisme de l’Eglise, les participants ont émis des idées. Dans le sens où la planification pastorale suppose aussi des leaders, par exemple des prêtres, les fidèles demandent de repenser les moyens qui sont très coûteux alors que le diocèse avoue avoir de moins en moins d’argent. Tout en proposant de décentraliser les lieux de formation, les participants ont demandé que l’Eglise fasse preuve de souplesse.

Une messe a mis un terme à ce Forum. (apic/dng/pr)

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