L’Eglise et la Journée mondiale de l’habitat

Rome: Mgr Marchetto souligne la dignité des personnes sans domicile fixe

Rome, 2 octobre 2006 (Apic) L’Eglise a souligné la dignité des personnes sans domicile fixe (SDF) à l’occasion de la Journée mondiale de l’habitat. Le secrétaire du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, Mgr Agostino Marchetto, a en effet encouragé la communauté internationale à soutenir les plus pauvres, « quelle que soit la situation morale ou personnelle dans laquelle ils se trouvent ».

Intervenant à Naples (Italie), Mgr Marchetto a rappelé l’attachement de l’Eglise aux plus pauvres, soulignant que « vivre dans la rue, contrairement à ce que l’on pense bien souvent, n’est souvent pas un choix ». Ces pauvres, a-t-il affirmé, deviennent une foule sans nom et sans voix, souvent incapables de se défendre et de trouver des ressources pour améliorer leur propre avenir. Il a indiqué que ceux-ci, même s’ils connaissent le besoin et les privations, sont des personnes. C’est, a-t-il insisté, « une dignité que l’on ne doit jamais perdre de vue, avec toutes ses conséquences ».

Le haut prélat a souhaité vivement que les interventions en faveur des plus pauvres ne soient pas qu’une simple réponse aux besoins mais puissent « regarder au-delà et tenter de toujours accueillir la personne ». Pour cela, Mgr Marchetto a invité ceux qui leur viennent en aide à être « innovants ».

L’archevêque en poste à Rome a constaté que, dans les pays en voie de développement, l’on voyait un nombre croissant de mendiants, souvent des personnes malades, aveugles ou lépreuses, infectées par le sida. Ceux-ci, a-t-il expliqué, sont « exclus de leur village ou de leur famille, contraints à vivre d’expédients et d’aumône sur le trottoir ».

Soulignant la condition des sans domicile fixe, le secrétaire du Conseil pontifical a noté que ces personnes étaient souvent des étrangers venant des pays pauvres, « en général des jeunes, qui se trouvent sans logement durant leur première période d’immigration à cause de la carence des structures ».

Mgr Marchetto a aussi confié que ces personnes vivaient cette expérience « comme une humiliation, l’acceptant aussi comme un passage obligé pour un meilleur avenir ». Il a enfin interpellé les nations, rappelant que la personne affamée, le pauvre, le sans domicile fixe interrogeait « la conscience de tous, laïcs et croyants, dans le contexte d’une culture de la solidarité ».

Promue par les Nations unies, la Journée mondiale de l’habitat a lieu chaque année en octobre, et a pour but de réfléchir à la gestion des villes dans un contexte de croissance urbaine exponentielle. En 2006, Naples accueille ainsi la célébration de cette journée autour du thème des « villes, aimants de l’espoir ». Dans un message à l’occasion de cette journée, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a souligné que les villes pouvaient être aussi l’endroit d’un désespoir considérable. En 2050, 6 milliards d’hommes environ, soit les deux tiers de l’humanité, vivront dans les villes.

Lors de la prière de l’angélus, le 1er octobre 2006, Benoît XVI a évoqué la célébration de la Journée mondiale de l’habitat et souhaité que « les personnes qui habitent dans les périphéries dégradées des villes soient assurées d’avoir de dignes conditions de vie, de voir leurs besoins premiers satisfaits et aient la possibilité de réaliser leurs propres aspirations, en particulier dans le domaine de la famille et dans une vie en commun pacifique ».

Pour le souverain pontife, « la gestion du développement rapide de l’urbanisme, conséquence de la migration toujours plus importante vers les villes, représente l’un des problèmes les plus graves, auquel l’humanité est appelée à être confronté du 21e siècle ». (apic/imedia/be)

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