Le plaidoyer des communautés juives

Genève: Un nouveau projet de loi sur les cimetières autorise les carrés confessionnels

Genève, 4 octobre 2006 (Apic) Le Grand Conseil doit se prononcer le 12 octobre sur un projet de loi permettant à une communauté religieuse de disposer de son propre cimetière, ainsi que la création de «carrés confessionnels» dans les cimetières publics. Principales intéressées, avec les musulmans, les communautés juives plaident en faveur de ces dispositions. La loi genevoise actuelle, de 1876, interdit les cimetières privés.

En fait, les juifs de Genève pouvaient inhumer leurs défunts dans le cimetière israélite de Carouge, créé en 1801, donc avant la loi de 1876. Cet emplacement étant plein, un terrain se situant à cheval sur la commune genevoise de Veyrier et la commune française limitrophe d’Etrembières a été acquis en 1920. Pour se conformer à la législation en vigueur, seuls le bâtiment funéraire, l’oratoire et l’entrée se situent sur le territoire suisse, les tombes se trouvant toutes du côté français. Une solution bien particulière! Cependant, même si l’on enterre les morts sur deux niveaux, la place manquera d’ici une quinzaine d’années. En ce qui concerne les musulmans, la ville de Genève a autorisé, en 1979, la création d’un «carré confessionnel» dans le cimetière du Petit-Saconnex, à proximité de la mosquée, où l’on manque aussi de place.

Après un examen approfondi en commission, le Grand Conseil est appelé à se prononcer, le 12 octobre, sur une nouvelle loi permettant à une communauté religieuse de disposer de son propre cimetière, ainsi que la création de «carrés confessionnels» dans certains cimetières publics. Face à certaines réticences, émanant notamment du parti radical, les communautés juives ont défendu ces dispositions devant la presse.

La perpétuité des tombes

Pourquoi les communautés juives ne se satisfont-elles pas du sort commun pour leurs morts? Dans la perspective de l’ère messianique et de la résurrection, la perpétuité des tombes est requise, alors que les concessions, dans les cimetières publics, sont limitées à un maximum de 99 ans. On est bien conscient qu’il n’existe pas de «cimetières éternels» mais, même si elle n’est pas absolue, cette perpétuité est mieux assurée dans un espace privé. Par ailleurs, les tombes doivent être orientées vers Jérusalem ou vers la sortie. Elles ne peuvent être creusées que dans un terrain vierge d’ossements de précédentes inhumations. Enfin, contrairement à la pratique chrétienne, les rites ne se déroulent pas à la synagogue mais au cimetière. Ainsi, même si elles pourraient, à certaines conditions, se contenter de carrés confessionnels, les communautés juives marquent leur préférence pour le cimetière privé.

Tout en se disant attachées à la laïcité, elles soulignent également que, selon des avis de droit, l’interdiction genevoise des cimetières confessionnels viole la Constitution fédérale de 1999 qui consacre la liberté de croyance. Il s’agit de mettre la loi cantonale en conformité avec cette Constitution et d’entériner la pratique actuelle, laquelle n’a d’ailleurs jamais posé de problème aux Genevois. «Nous ne demandons rien de plus et il n’y a pas de risque de dérive extrémiste», assurent les communautés juives. Elles savent en effet que cette question survient dans un climat de crainte face au fait religieux. (apic/mba/bb)

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