France: Le cardinal Ricard commente la création de l’institut du Bon Pasteur

Une «main tendue vers les traditionalistes»

Rome 5 octobre 2006 (Apic) Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, estime que la création récente de l’institut du Bon Pasteur pour accueillir quelques prêtres traditionalistes de la Fraternité saint Pie X est «une main tendue».

Dans l’éditorial de L’Aquitaine du 6 octobre 2006, la revue du diocèse de Bordeaux, il répond aux inquiétudes de certains de ses prêtres et de ses fidèles, affirmant qu’il entend demander à Rome des clarifications sur «les préalables mis à la reconnaissance de cet institut».

L’institut créé le 8 septembre dernier sous la houlette du président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le cardinal Dario Castrillon Hoyos, est «le signe d’une main tendue, d’une invitation à surmonter la suspicion et à entamer un dialogue dans un esprit plus fraternel», estime l’archevêque de Bordeaux. Selon ce dernier, «l’avenir dira si cette création est une initiative prometteuse ou un espoir avorté».

Membre de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le cardinal Ricard explique que la création du nouvel institut est liée au «désir du pape Benoît XVI (.) de faire un geste d’accueil vis-à-vis de ceux qui ont suivi Mgr Lefebvre dans son «non» à Rome». Il précise que cette société de vie apostolique de droit pontifical, a qui a été «accordé ’l’usage exclusif’ des livres liturgiques de 1962», «dépend de Rome pour tout ce qui concerne (sa) vie interne», mais «a besoin de l’autorisation de l’évêque diocésain pour toute activité apostolique dans son diocèse et à plus forte raison pour avoir la charge pastorale de fidèles».

«Il est important que les préalables mis à la reconnaissance de cet institut soient mieux connus», déclare encore le cardinal Ricard qui entend «aller à Rome» pour «demander une information complémentaire sur ce point». L’archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des évêques de France, souligne ensuite que «l’entrée dans une pleine communion implique la fidélité au magistère actuel du pape et des évêques» ainsi qu’une «position claire vis-à-vis de l’acte magistériel qu’ont été le Concile Vatican II et la promulgation de ses textes».

Oublié le passé

Se souvenant de «la violence qui a marqué pendant plusieurs années les relations» entre le diocèse et les fidèles de Mgr Lefebvre occupant l’église bordelaise de Saint-Eloi, le cardinal Ricard se déclare conscient des «interrogations» et des «préoccupations des uns et des autres». Il invite alors à «la charité» et à «la vérité», à un «climat de respect mutuel et d’obéissance filiale au magistère», et non à «un climat de polémique aussi lassant que stérile», soulignant que «cet appel s’adresse vraiment à tous». «Une réconciliation véritable, note encore le cardinal français, ne saurait s’effectuer dans un climat d’esprit de revanche, de clair obscur des convictions ou de pratique d’un double langage».

Concernant enfin l’installation à Bordeaux du siège de l’institut du Bon Pasteur, le cardinal Jean-Pierre Ricard précise que celle-ci «appelle la signature d’une convention entre le diocèse et l’institut». (apic/imedia/ami/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/france-le-cardinal-ricard-commente-la-creation-de-l-institut-du-bon-pasteur/