Zurich: Assemblée plénière de la RKZ les 29 et 30 septembre à Wislikofen (AG)
Zurich, 6 octobre 2006 (Apic) La Conférence centrale catholique romaine de Suisse (RKZ) a tenu son assemblée plénière les 29 et 30 septembre à Wislikofen dans le canton d’Argovie. Les débats ont surtout été consacrés au financement des missions linguistiques. Certaines d’entre elles, organisées au niveau régional, ne seront plus confiées à Migratio, mais aux cantons dans lesquels elles sont implantées.
Les débats de la RKZ se sont déroulés au centre de formation de la prévôté de Wislikofen et ont été menés par la présidente Gabriele Manetsch.
Une discussion approfondie et partiellement controversée sur le financement des tâches de Migratio à l’avenir a représenté l’élément principal de la partie statutaire de l’assemblée plénière. Les délibérations et décisions de la Conférence centrale constituent une nouvelle étape dans un processus engagé depuis plusieurs années déjà. Concrètement, il s’agit d’une part de la coordination de la pastorale des communautés italienne, espagnole, portugaise et croate et d’autre part de la pastorale dite des « minorités ». On entend par ces dernières de petites communautés linguistiques, comme celles formées par les Vietnamiens, les Slovaques, les Philippins ou les Tamouls. Enfin, les contributions allouées aux communautés orthodoxes entrent également dans ce domaine.
Après un intense travail préparatoire accompli par les organes compétents de Migratio et par ceux de la RKZ, les membres de cette dernière ont été appelés à donner leur avis sur une proposition de nouveau modèle d’organisation et de financement dont les points centraux sont les suivants.
– Pour les minorités importantes dont la pastorale est assurée au niveau régional, les cantons concernés se regrouperont en communautés de soutien. Le canton du siège de la mission assumera le rôle d’employeur, tandis que le financement reposera sur une base solidaire.
Ces missions régionalisées seront soustraites à la responsabilité administrative de Migratio. La mesure proposée concernera concrètement les communautés albanaise, croate et portugaise. Sa mise en oeuvre est prévue pour le 1er janvier 2008.
– Les tâches relevant de la compétence de Migratio (coordinations, petites minorités, communautés orthodoxes) devront être financées désormais à travers un budget global. Les diverses organisations ecclésiastiques cantonales seraient appelées à se prononcer sur une seule contribution correspondant à leur participation au montant global et non plus sur chacune de leurs participations particulières à divers projets.
Le montant à récolter et la clé de répartition de la charge financière seront décidés par les organisations ecclésiastiques cantonales dans le cadre de la RKZ. La redistribution des fonds relèvera de la compétence de Migratio. Cette proposition a été largement approuvée dans son principe, mais les organisations ecclésiastiques cantonales dont les finances seront mises plus lourdement à contribution ainsi que celles qui sont confrontées à des difficultés matérielles envisagent difficilement une augmentation de leur participation.
Missionnaires salariés selon les normes des cantons
– Désormais, la responsabilité de l’employeur à l’égard des prêtres et des laïcs accomplissant des tâches pour Migratio relèvera des cantons de siège des missions. Ces personnes seront soumises aux conditions d’engagement et de salaire de ces cantons. Ce principe a été clairement soutenu par les délégués de la RKZ, même si les incidences financières seront très importantes, les salaires alloués par Migratio étant nettement inférieurs à ceux en vigueur dans en maints lieux. Cependant, les changements interviendront par étapes, et une partie des coûts supplémentaires devront être compensés par des mesures d’économie.
– Les cantons de siège seront appelés à verser une contribution si la communauté linguistique locale et la pastorale du lieu tirent un profit proportionnellement plus grand de la présence d’une mission. Sinon, ils seront indemnisés pour la charge administrative supplémentaire qui leur incombera.
Ces décisions ont été prises en présence du directeur national de Migratio, Urs Köppel, et du président de la commission administrative de Migratio, Fredy M. Isler. Ces derniers ont expliqué que le comité de Migratio approuvait et soutenait la réorganisation.
Début décembre, des chiffres concrets devraient être établis en tenant compte de la tâche de Migratio, de la solidarité à l’échelon suisse et des moyens financiers très variables dont disposent les diverses organisations ecclésiastiques cantonales. Si bien qu’en mars 2007, on saura clairement quels fonds seront à disposition de Migratio pour le financement des tâches accomplies au niveau national dès 2008.
Rejet du nouveau statut ecclésiastique à Schwytz
Lors du scrutin populaire du 24 septembre, les citoyens catholiques du canton de Schwytz ont rejeté à 54,2% la révision totale du statut d’organisation de l’Eglise. Au vu de ce résultat, l’adhésion de l’Eglise cantonale schwytzoise à la Conférence centrale catholique romaine de Suisse demeurera exclue, cela quand bien même les catholiques de ce canton continueront à bénéficier de prestations d’organisations cofinancées par la Conférence centrale.
La présidence de la Conférence centrale dit regretter ce verdict qui « non seulement rend plus difficile le financement des tâches de l’Eglise à l’échelon national mais encore trahit un manque de solidarité ».
« A l’évidence, souligne la RKZ, il n’a pas été possible de convaincre les opposants au nouveau statut que l’Eglise ne peut assumer sa mission dans le monde d’aujourd’hui que si elle dispose des moyens nécessaires au niveau supra paroissial et supra diocésain aussi. Le résultat enregistré est d’autant plus navrant que tant l’évêque du diocèse, Mgr Amédée Grab, que l’abbé d’Einsiedeln, Mgr Martin Werlen, se sont prononcés clairement en faveur de l’acceptation du nouveau statut d’organisation ».
Présence de l’Eglise dans les hautes écoles spécialisées
Otto Wertli, secrétaire de l’Eglise cantonale argovienne, a exposé aux délégués de la Conférence centrale le projet intitulé « Kirchen an der Fachhochschule im Aargau » (présence des Eglises à la Haute école spécialisée d’Argovie): les deux grandes Eglises prévoient d’être actives au sein de cette institution non seulement dans le domaine de l’aumônerie mais encore dans celui de l’enseignement, de la recherche et de la formation permanente. La réalisation de ce projet reposerait sur un contrat. Une petite enquête concernant la situation dans les autres cantons a révélé que l’aumônerie au sein des hautes écoles spécialisées, mais aussi des écoles des arts et métiers, etc., offre d’intéressants champs d’activité et possibilités de développement. Il a été suggéré de reprendre le sujet ultérieurement et d’y intégrer aussi les questions concernant l’aumônerie universitaire.
Défis lancés à l’enseignement de la religion et à la catéchèse
Les choses bougent beaucoup dans le domaine de l’enseignement religieux et de la catéchèse. Pour les organisations ecclésiastiques cantonales, savoir comment réagir à ces mutations est un grand défi, surtout pour tout ce qui concerne l’enseignement de la religion à l’école ainsi que la formation et l’encadrement des catéchistes. C’est pourquoi la RKZ a invité deux spécialistes de l’enseignement religieux et de la catéchèse, Mmes Lilo Durussel (Lausanne) et le professeur Helga Kohler-Spiegel (Saint-Gall), à s’exprimer sur le thème de la situation prévalant en Suisse romande et en Suisse alémanique et les défis à relever.
Les deux oratrices ont montré d’un côté combien les données de base diffèrent de part et d’autre de la Sarine: en Suisse romande, la catéchèse repose sur le bénévolat. Elle est très fortement liée au développement des « unités pastorales ». En outre, la catéchèse des adultes gagne en importance. En Suisse alémanique, le lien avec l’école est très étroit. Il en résulte une tendance à la professionnalisation de l’enseignement de la religion et de la catéchèse, impliquant aussi des exigences accrues au niveau de la formation.
Par ailleurs, on observe aussi des défis communs aux deux grandes régions du pays: l’enseignement s’adresse de plus en plus à des enfants, des jeunes et des familles dans la vie desquels la religion joue un rôle sporadique. De ce fait, celles et ceux qui enseignent la catéchèse ou la religion à l’école sont appelés à pratiquer une écoute très attentive, à accompagner avec beaucoup de sensibilité des itinéraires de foi et de recherche personnelle, et à trouver eux-mêmes un langage et des formes d’expression pour leur propre foi.
Les oratrices et les délégués de la Conférence centrale ont partagé le même point de vue selon lequel il est essentiel que l’Eglise se situe face aux multiples défis que lancent l’enseignement de la religion et la catéchèse, cela aussi bien au niveau individuel qu’à l’échelon communal, cantonal et national. Il est également apparu nettement que le succès de la coordination dans le domaine de la formation de base et de la formation continue que vise à instaurer le projet ForModula sera d’autant plus grand que les différences importantes entre les régions linguistiques seront considérées comme des chances d’enrichissement mutuel et que les traditions et modèles locaux demeureront respectés. (apic/com/bb)
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