Alors que la Hongrie célèbre le 50e anniversaire de l’insurrection

Hongrie: Un responsable de l’Eglise luthérienne hongroise déplore les divisions du pays

Budapest, 8 octobre 2006 (Apic) Un responsable de l’Eglise luthérienne a demandé aux Hongrois de tirer profit de l’anniversaire de l’insurrection de 1956 contre les Soviétiques pour surmonter les divisions actuelles. Pour l’évêque Péter Gáncs, président du district sud de l’Eglise luthérienne de Hongrie, il s’agit de rappeler aux Eglises leur «rôle prophétique» de rassembleuses et de gardiennes des valeurs.

L’évêque a parlé de l’insurrection de 1956 comme d’un moment unique: «Toutes les religions et tous les groupes politiques ont pu agir ensemble pour la liberté,» a souligné Péter Gáncs. «Aujourd’hui, poursuit-il, nous avons recouvré notre liberté sans les effusions de sang et le sacrifice d’il y a 50 ans. Mais nous avons abusé de ce don de Dieu et notre liberté est de nouveau menacée.»

L’évêque, âgé de 55 ans, s’est exprimé alors que s’approche le 50e anniversaire de la révolte hongroise, durant laquelle des milliers de personnes ont trouvé la mort dans les batailles de rue qui les opposaient aux chars soviétiques et dans les exécutions qui ont suivi la défaite des insurgés.

Le souvenir des épreuves de 1956

L’évêque Péter Gáncs a affirmé que le souvenir de 1956 pouvait être «un exemple positif» pour la crise politique actuelle, déclenchée lorsque le Premier ministre socialiste de Hongrie, Ferenc Gyurcásny, a été enregistré à son insu alors qu’il déclarait avoir menti pour se maintenir au pouvoir.

L’insurrection hongroise, qui avait duré deux semaines, s’était déclarée le 23 octobre 1956, lorsque le gouvernement communiste réformateur dirigé par Imre Nagy dénonça le Pacte de Varsovie et demanda à l’ONU sa protection. Au total, 2’500 insurgés et 720 soldats soviétiques avaient péri lorsque les chars de l’URSS ont écrasé la «contre-révolution», bien que des chiffres officieux estiment les pertes des insurgés à quelque 20’000.

Par la suite, près de 1’200 Hongrois ont été exécutés, y compris Imre Nagy et d’autres responsables politiques, qui ont été pendus en 1958. Au moins 200’000 personnes ont fui le pays, qui a été jusqu’à la fin des années 80 aux mains de János Kádár, soutenu par l’URSS. Dans une lettre adressée en août aux membres du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE), Károly Hafenscher, éminent théologien luthérien, a déploré que les puissances occidentales soient «restées impassibles» pendant l’insurrection, suivie par «la souffrance et l’isolation».

Il a cependant souligné que la réunion du COE qui s’est tenue pendant l’été 1956 à Galyatet, dans le nord de la Hongrie, avait contribué à garantir la réinstallation de l’évêque président de son Eglise, Lajos Ordass, après deux ans passés en prison pour de présumés trafics de devises. En 1958, pourtant, suite à l’écrasement de l’insurrection hongroise, l’évêque Ordass a de nouveau été contraint d’abandonner ses fonctions. (apic/eni/be)

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