Sénégal: 9 octobre Centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor
Dakar, 9 octobre 2006 (Apic) L’archevêque de Dakar, Mgr Théodore Adrien Sarr, a déploré dimanche 8 octobre le manque de soutien de l’Etat sénégalais à l’Eglise, à l’occasion de la célébration, lundi 9 octobre, du centenaire de la naissance de feu Léopold Sédar Senghor.
Léopold Sédar Senghor, catholique pratiquant, a dirigé le pays, à 96% musulman, de 1960 à 1980. Il est décédé en décembre 2001. Le Sénégal et la francophonie lui rendent hommage. Un évènement grandiose que l’Unesco et l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) ont entamé depuis mars dernier, en déclarant 2006, « Année Léopold Sédar Senghor ».A cette occasion, les deux organisations ont programmé de nombreuses manifestations culturelles durant toute l’année.
Lors d’une message d’action de grâce à la sa mémoire, l’archevêque de Dakar, Mgr Sarr, déplore le manque de soutien de l’Etat. Le prélat a déclaré que « les pays étrangers ont fait plus que le Sénégal dans ce domaine ».Léopold Sédar Senghor était né le 9 octobre 1906 à Joal (sud de Dakar). Confié à des prêtres, il fit ses études dans un séminaire à Gasobil, village voisin. De là, il est allé en France poursuivre ses études.
« Arrivé par accident », comme il le disait, à la politique, il a conduit son pays à l’indépendance, en 1960, et en fût le premier président. Après 20 ans de règne, il quittait volontairement le gouvernement, le 1er janvier 1981, mettant au pouvoir son dauphin constitutionnel d’alors, son premier ministre pendant 11 ans, Abdou Diouf.
Considéré comme le fondateur du Sénégal moderne, il était l’ordonnateur d’un modèle de paix et de stabilité où cohabitaient harmonieusement musulmans, chrétiens et animistes, wolofs, peulhs, mandingues, diolas, soninkes. autant d’ethnies, vivant ensemble dans une parfaite entente, alors que l’Afrique était encore confrontée à des violences de tous ordres. IBC/VB
Encadré:
Poésie et politique – Senghor, un emblème pour la négritude
Né le 9 octobre 1906, Léopold Sédar Senghor après ses études à Dakar, obtient une bourse pour poursuivre ses études en France. Il entre au lycée Louis Le Grand, où il côtoie Georges Pompidou. En 1932, il développe, avec le poète Aimé Césaire, le concept de négritude et fonde, en 1934, le journal l’Etudiant noir pour défendre ces valeurs. En 1935, il est le premier Noir français à être reçu à l’agrégation de grammaire et devient professeur à Tours, en particulier. Jusqu’à la guerre, il compose de nombreux poèmes.
Mobilisé 1939 – le Sénégal étant colonie française – il sera soldat de 2ème classe intégré dans les contingents indigènes, ce qu’on appelait alors le bataillon des « tirailleurs sénégalais ». Ce bataillon regroupait les citoyens des colonies, incorporés dans l’armée française, dans le cadre de la conscription ou en temps de mobilisation générale (guerre). Fait prisonnier après une défense du pont de la charité sur Loire, Senghor est détenu au stalag 230 en Allemagne, et restera deux ans en captivité avant d’être libéré en 1942.
Il enseigne en France jusqu’à la fin de la guerre. En 1945, il est nommé professeur de langues à l’Ecole de la France d’Outremer. Il publie « Chants d’ombre ». Le député du Sénégal au parlement français, Lamine Guèye, le persuade de s’engager dans la politique à ses côtés. Senghor est élu au parlement français. En 1946, il participe à la mise en forme de la future Constitution française et épouse Ginette Eboué, la fille du gouverneur général de I’AOF (Afrique Occidentale Française) dont il divorcera en 1955.
Sous le gouvernement d’Edgar Faure, Senghor devient secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil en 1955. Il a l’occasion de défendre un cadre fédéral pour les territoires d’outre-mer. Il épouse Colette Hubert, Normande, en 1957.
Senghor se bat pour bâtir une grande fédération africaine, mais ne peut créer que la fédération du Mali avec le Soudan, dont Modibo Keita devient le chef de gouvernement. En septembre 1960, après l’indépendance du Sénégal, Senghor est élu président de la République du Sénégal. Mamadou Dia devient Premier ministre avant d’être arrêté pour coup d’Etat.
Le Premier Festival mondial des Arts nègres
Le 30 mars 1966, Dakar accueille le premier Festival mondial des arts nègres. La civilisation africaine est à l’honneur. Le président réaffirme que la culture est le socle du développement.
Naissance de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) en 1963, pour laquelle Senghor s’était longtemps battu. En 1967, il recueille de nombreux honneurs pour ses oeuvres littéraires. Le 22 mars, il est l’objet d’une tentative d’attentat. Le coupable sera condamné à mort et exécuté. En mai 68, les étudiants se mettent en grève, suivis par les travailleurs. Le président fait des réformes et partage son pouvoir. En 1970, il nomme Abdou Diouf Premier ministre. En 1973, Senghor est réélu, il autorise Abdoulaye Wade à créer un parti en 1974. En 1976, il instaure le multipartisme limité à trois composantes : socialiste, communiste et libérale. Il entame son cinquième mandat présidentiel en 1978.
En décembre 1980, Léopold Sédar Senghor se retire de la vie politique et s’installe en Normandie. Il laisse le pouvoir à Abdou Diouf et se consacrera désormais à la culture. Il sera fait docteur honoris causa de nombreuses universités. Le 29 mars 1984, il devient membre de l’Académie française. Il continue ensuite à publier des poèmes, développant sa pensée sur la Négritude et le métissage culturel. Senghor s’éteint le 20 décembre 2001 à Verson (France), sa commune d’adoption. Il est l’auteur d’une vingtaine d’oeuvres poétiques et politiques. VB
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