Genève: Défenseurs des droits de l’homme d’Iran et du Zimbabwe honorés mardi à Genève
Genève, 10 octobre 2006 (Apic) Deux défenseurs des droits de l’homme d’Iran et du Zimbabwe – Akbar Ganji, journaliste d’investigation et militant, et Arnold Tsunga, avocat et commentateur de radio, ont reçu le Prix Martin Ennals 2006 mardi 10 octobre à Genève.
Ce prix d’un montant de 20’000 francs suisses, a été remis par Louise Arbour, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au Bâtiment des Forces Motrices, dans le cadre du Festival International Media Nord-Sud.
Le Prix Martin Ennals pour les Défenseurs des Droits de l’Homme (MEA), crée en 1993, est décerné chaque année à une personne ou à une organisation dont le combat contre les violations des droits humains a été courageux et remarquable. Par la concession du prix, les organisations de défense des droits humains cherchent à stimuler des défenseurs des droits humains qui ont besoin de protection.
Le Prix Martin Ennals constitue une collaboration unique entre onze principales organisations internationales de défense des droits de l’homme, dont notamment Amnesty International, la Commission Internationale des Juristes, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, Human Rights Watch, Organisation Mondiale Contre la Torture, et le Service International pour les Droits de l’Homme.
Des «symboles du mouvement des droits de la personne»
Le président du Prix Martin Ennals, Hans Thoolen, a décrit les lauréats comme étant «les symboles du mouvement des droits de la personne dans leur pays respectif, où soutenir ces droits fondamentaux et la démocratie est une activité dangereuse; ils continuent à persévérer dans leur lutte malgré des mesures à leur encontre.»
Akbar Ganji a été arrêté en 2000 pour avoir écrit des articles dénonçant des autorités impliquées dans une série d’assassinats d’intellectuels et d’écrivains opposants au régime en 1998. Ensuite il a été condamné à une peine de prison pour «atteinte à la sécurité nationale et propagande contre les institutions de l’Etat islamique». Il est resté 6 ans en prison dans des conditions violant le droit international; il a été battu par ses gardiens et maintenu au secret.
L’année dernière, après une grève de la faim, il a dû être hospitalisé; au mois de mars dernier il a été mis en liberté conditionnelle. Après une brève récupération, il a entrepris un voyage dans plusieurs pays pour présenter les mouvements intellectuels et les cercles démocratiques iraniens à des philosophes, théoriciens et militants des droits de l’homme réputés.
Il a beaucoup écrit dans des journaux réformistes, une majorité desquels ont été fermés par le pouvoir judiciaire. Quant il était en prison, ses écrits étaient transmis à l’extérieur et largement distribués, surtout à travers internet. Il a surtout écrit un Manifeste Républicain en mars 2002 en six chapitres décrivant sa proposition pour une république démocratique en Iran.
Arnold Tsunga est le président de l’Association des Droits de l’Homme du Zimbabwe (ZimRights). Membre de la radio Voice of the People (VOP), il est un leader du mouvement des droits de l’homme au Zimbabwe. Grâce à son travail juridique en matière des droits de l’homme et à sa réputation, il est devenu le directeur du Zimbabwe Lawyers for Human Rights (ZLHR) à partir de 2003. Malgré les risques auxquels il doit faire face, Arnold Tsunga continue de représenter des personnes arrêtées sous la nouvelle législation répressive, certaines ont même été abusées lors de leur garde à vue.
Pour avoir représenté ces victimes de violations des droits de la personne et pour avoir critiqué le système juridique et la situation des droits de l’homme dans son pays, il est constamment harcelé et menacé. Il a été arrêté à plusieurs reprises et libéré récemment sous caution. Son courage et son travail viennent d’être reconnus: en effet, on lui a demandé de prendre la parole au nom d’organisations internationales des droits de l’homme lors de la première session du nouveau Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies qui s’est déroulée à Genève en juin dernier.
Notons qu’en 1997, le lauréat du «Martin Ennals Award» fut l’évêque mexicain Samuel Ruiz Garcia, «évêque des Indiens du Chiapas», pour son engagement courageux en faveurs des peuples autochtones exploités et marginalisés et son travail de médiation entre le gouvernement mexicain et la guérilla zapatiste. (apic/com/omct/be)
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