Un événement éditorial international, commenté par son directeur

Lausanne: Berceau de l’Encyclopédie du protestantisme, avec le professeur Pierre Gisel

Déo Negamiyimana, Agence Apic

Lausanne, 10 octobre 2008 (Apic) Une nouvelle Encyclopédie, unique et qui ne connaît pas d’équivalent. Telle est la nouvelle version – pour la première fois en poche – d’un ouvrage sociologique, historique et culturel qui fait le point sur le protestantisme sous toutes ses faces.

Pierre Gisel, professeur de théologie systématique à la Faculté de Théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne, commente pour l’Apic la parution de la nouvelle version de L’Encyclopédie du protestantisme, dont il est le directeur d’édition. Cette dernière, en édition de poche, est réalisée dans le cadre de la Faculté de théologie de l’Université de Lausanne.

L’Encyclopédie du protestantisme (2006) est coéditée par Labor et Fides, Genève, et les Presses Universitaires de France (PUF). Paris.

Ses auteurs, au nombre de 330, viennent d’horizons très divers géographiques et professionnels. L’ouvrage compte 1632 pages, 1370 rubriques. Le chercheur et théologien Pierre Gisel assure qu’une oeuvre d’une telle ampleur s’imposait face aux problèmes du moment. La première édition de 1995 a été complètement augmentée et remaniée. A titre d’exemples, indique-t-il, «nous avons revu le thème de la bioéthique, de l’Europe, de la laïcité, de Taizé, des ouvrages scandinaves ou américains, de la situation en Afrique, en Asie, etc.»

Au-delà du fait religieux, notre interlocuteur tient à souligner l’approche socioculturelle qui caractérise l’ouvrage. «Ce n’est donc pas un dictionnaire de théologie ou une encyclopédie centrée sur les Eglises ou la vie de foi. De façon décentrée, explique-t-il, on y trouve ce que le protestantisme a eu comme effet historique, avec ou sans la volonté des croyants. C’est le cas du capitalisme souvent lié à l’Eglise protestante.»

Abordant les défis auxquels le christianisme fait face en Occident, le professeur Pierre Gisel constate que les Eglises traditionnelles sont en désaffection croissante. Alors que de nouvelles doctrines émergent. «Parallèlement au message du Christ, il y a davantage de bricolages ou syncrétismes divers, de nouveaux mouvements religieux et des retours d’ésotérisme, observe-t-il.

L’Encyclopédie ne vient pas «défendre les intérêts de la tribu protestante»

En publiant la nouvelle édition de l’Encyclopédie du protestantisme, les protestants n’entendent pas jouer la carte d’une défense identitaire. «Au contraire, précise Pierre Gisel, nous souhaitons faire entendre que les formes religieuses historiques doivent faire l’objet de dépassements pour gérer davantage les données changeantes de la société du 21ème siècle.» De l’avis du maître d’oeuvre de l’ouvrage , l’Occident traverse une période importante de modifications du christianisme. «Il n’y aura donc pas de solutions catholiques et de solutions protestantes. Nous devons tous réinventer des formes de christianisme adéquates pour aujourd’hui. L’Encyclopédie ne vient donc pas défendre les intérêts de la tribu protestante. Ce n’est pas une apologie du protestantisme». «D’un bout à l’autre, j’ai d’ailleurs demandé qu’on mentionne pour chaque dossier les forces et les faiblesses du protestantisme», confie le théologien. DNG/VB

Encadré

De Calvin à Jean-Luc Godard

Les auteurs de l’Encyclopédie du protestantisme sont Suisses, Français, Belges, Allemands, Italiens, Est européens, Américains… Et historiens, philosophes, théologiens, experts en littérature, en sciences humaines, médecins, physiciens, etc. Le professeur Pierre Gisel assure que ce n’était pas sans divergences de points de vue, notamment sur le rôle d’une faculté de théologie allemande et son attitude face au nazisme, ainsi que sur la communauté de Taizé, entre autres. «Ce qui n’a pas empêché de proposer un outil efficace à une Europe occidentale que certains voient déjà sombrer dans un analphabétisme religieux», commente le théologien de Lausanne. La grande diversité de l’ouvrage, qui aborde aussi bien l’architecture religieuse que la musique, le théâtre ou le cinéma fait que l’on y trouve même le cinéaste Jean-Luc Godard né d’une famille suisse, protestante» mais ne se sent d’aucune confession». Il est vrai que l’un de ses films s’intitule «Je vous salue Marie». DNG/VB

(apic/dng/vb)

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