«Au nom de la religion islamique»
Tunis, 10 octobre 2006 (Apic) Le parti au pouvoir en Tunisie, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), dénonce le port du voile islamique. «Régression» pour les femmes tunisiennes.
Hédi M’henni, secrétaire général du parti au pouvoir en Tunisie (RCD, Rassemblement constitutionnel démocratique) cité par l’Agence France Presse), a pris position contre le voile. Il a déclaré que si les Tunisiens acceptent le hidjab (voile islamique) ils seront amenés «à refuser le droit de la femme au travail, au vote et à l’enseignement». Elle serait alors «confinée dans un rôle de procréation».
Hédi M’henni intervenait lors d’un colloque intitulé «Authenticité et identité nationale» organisé par son parti, en présence de plusieurs ministres dont celui des Affaires religieuses, Aboubaker El Akhzouri. Selon ce dernier, le port du hijab fait partie de «pratiques» de nature à porter atteinte aux acquis de la femme tunisienne, importées qu’elles sont, de l’Orient et du golfe arabe. Le responsable tunisien a insisté pour que la loi interdisant le port du voile «dans les établissements publics et éducatifs» soit bien appliquée. Il a appelé à la mobilisation générale de l’Etat, des partis politiques, et de la société civile. Afin de «défendre la religion islamique et les droits des générations actuelles». «Les Tunisiens, réellement imbus des principes de la religion islamique» «constatent avec étonnement l’émergence de nouveaux phénomènes étrangers à leur identité, aux modes de vie de leurs ancêtres», a conclu M’hénni.
Contre le voile, mais pas pour l’interdiction.
En réponse, Khadija Chériff, présidente de l’Association des femmes démocrates tunisienne (AFD), a déclaré à Radio France internationale (Rfi), que celle-ci «ne partageait absolument pas la manière du pouvoir» de lutter contre le port du voile islamique. Elle a précisé que bien qu’étant contre le voile, son association pense que «la politique du gouvernement risque de pousser les partisans du hijab à se radicaliser»
Ces déclarations sur le voile islamique en Tunisie interviennent dans un contexte de regain d’activisme islamiste. En Tunisie, une circulaire datant de 1981 interdit le port du voile dans les administrations et les établissements scolaires. Elle n’est cependant pas appliquée avec rigueur. (apic/ibc/vb)
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