«Souvent, nous réagissons par la peur face aux migrants»
Berne, 11 octobre 2006 (Apic) La Journée des peuples sera célébrée le 12 novembre dans les paroisses catholiques de Suisse. A cette occasion, les évêques lancent un appel contre les réactions de peur face aux migrants. Et expriment leur déception face à l’acceptation des lois sur l’asile et sur les étrangers par le peuple suisse le 24 septembre.
Les migrations peuvent prendre des formes très diverses, souligne Mgr Norbert Brunner, délégué épiscopal pour la migration, dans son message qui sera lu dans les églises lors de la Journée des peuples. Et de citer les événements sportifs comme les championnats d’Europe ou les Mondiaux, ou encore le temps des vacances. «Dans les deux cas, les responsables ont à coeur de soigner «l’image de marque» du pays d’accueil pour que les hôtes s’y sentent à l’aise. Que ne fait-on pas dans ce but! On s’occupe des touristes déjà bien avant leur arrivée dans le pays», souligne l’évêque de Sion.
«Bien plus vastes et socialement plus importantes sont les migrations de ceux qui viennent chez nous pour travailler, y vivre les dernières années de leur vie, soigner leurs maladies ou se mettre à l’abri de la persécution, de la faim ou de la guerre», rappelle Mgr Brunner. Ce dernier déplore que les réactions face à ces migrants, en Suisse, soient souvent animées par la peur. «Or, la peur est mauvaise conseillère. Elle obscurcit le jugement. La peur trouble notre regard et déforme la réalité, puis on cherche à se protéger de cette réalité déformée en s’en défendant ou en la rejetant par le moyen de lois restrictives». Et l’évêque de regretter «vivement» l’acceptation, en septembre dernier, des lois sur l’asile et sur les migrants par le peuple suisse.
Mgr Brunner invite les catholiques suisses à s’enrichir en s’ouvrant à l’immigrant, lequel doit «aussi se laisser imprégner par l’Esprit d’amour de Jésus Christ et en vivre». «Le migrant qui arrive dans un pays étranger doit tout d’abord se détacher de ce qui lui était connu et familier, des ’contraintes’ qui existaient dans sa propre patrie. Cela ne va pas sans douleur. Mais s’il s’ouvre au pays d’accueil, à ses habitants, s’il s’intéresse à leur culture et leur langue, à leur vie quotidienne et leurs fêtes, il s’en trouvera lui-même enrichi», explique l’évêque de Sion.
Quête en faveur des projets de migratio
A l’occasion de la Journée des peules, l’organisation «migratio», chargée par la conférence des évêques suisses des questions liées à la migration, propose du matériel d’animation pour la messe du 12 novembre. Elle a notamment préparé un déroulement liturgique en lien avec le thème des migrants. Sont notamment proposés des messages de salutation en langue, italienne, espagnole, portugaise et croate. Les évêques suisses recommandent aux paroisses de destiner la quête de ce jour à plusieurs projets soutenus par migratio: une crèche pour des familles paysannes aux Philippines, une formation scolaire pour des filles au Vietnam, un cours de formation pour 800 femmes au Kosovo, une aide à la formation pour 42 séminaristes en Biélorussie, et la pastorale des minorités, des réfugiés et des gens du voyage en Suisse. L’an dernier, la collecte de la Journée des peuples avait rapporté 92’200 francs pour les projets présentés par migratio.
Pratique: Le site internet de migratio (www.kath.ch/migratio) présente un dossier d’animation complet et des documents d’information et de réflexion en vue de la Journée des peuples.
(apic/com/bb)
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