Suisse: Journée mondiale du refus de la misère le 17 octobre
Treyvaux, 12 octobre 2006 (Apic) La Journée mondiale du refus de la misère, reconnue par l’ONU depuis 1992, est célébrée le 17 octobre prochain. En Suisse, selon les oeuvres d’entraide, près d’un million de personnes vivent avec un revenu qui ne leur permet pas de vivre correctement. Elle sont exclues de la société, perdent contact avec les personnes d’autres milieux qu’elles, s’isolent et se sentent méprisées.
« La pauvreté, c’est beaucoup plus que de n’avoir pas d’argent », affirment dans un communiqué commun ATD Quart Monde, Caritas Suisse, la CSIAS (Conférence suisse des institutions d’action sociale), l’Entraide protestante EPER, et l’OSEO (Oeuvre suisse d’entraide ouvrière) à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère qui sera commémorée en Suisse le 17 octobre prochain.
Les cinq organisations s’associent pour mettre en valeur, à l’occasion de cette Journée, quelques principes fondamentaux de la lutte contre la pauvreté: le respect de la dignité de toute personne, l’accès de tous aux droits fondamentaux (droit de vivre en famille, liberté d’expression, moyens convenables d’existence, accès à un travail, à la formation, à la culture, aux soins, au logement, à la justice,.), la priorité aux plus exclus, la nécessité de s’appuyer sur l’expérience et le partenariat des plus pauvres, l’importance de l’engagement de chacun pour combattre la pauvreté et l’exclusion.
En Suisse, un million de personnes vivent en situation de pauvreté
En Suisse, un million de personnes, d’adultes, de jeunes et d’enfant vivent en situation de pauvreté. « Elles vivent au milieu de nous et se battent quotidiennement pour vivre dans la dignité, pour avoir un travail, une formation ou une place d’apprentissage, pour que les enfants réussissent à l’école, pour se rendre utile aux autres », écrivent les oeuvres d’entraide suisses.
Cette pauvreté ne se manifeste pas seulement par un manque d’argent, mais par une exclusion sociale et un manque de reconnaissance sociale. « La pauvreté empêche une pleine participation à la société », affirment les ONG signataires. Elles lancent un appel à tous les citoyens pour que chacun s’engage à refuser l’exclusion sociale.
« Nous ne pouvons accepter que des centaines de milliers de personnes soient considérées comme des profiteurs, des irresponsables, des tricheurs ou des fraudeurs, écrivent-elles ». Ces ONG désirent que les efforts faits par les plus pauvres soient reconnus comme utiles pour tous et refusent que les prestations sociales qui permettent juste de vivre soient diminuées, plongeant ainsi des familles dans l’angoisse et les dettes.
Elles souhaitent que tous les enfants aient une chance de bien apprendre à l’école et que tous les jeunes puissent avoir une vraie formation ou un apprentissage, et « que ces personnes, ces familles, ces jeunes et ces enfants puissent participer à la vie de nos communes, qu’ils puissent sortir de leur isolement et avoir des amis, qu’ils puissent avoir accès aux loisirs et prendre des vacances ». En mars 2006, le Conseil national a demandé qu’un Plan national de lutte contre la pauvreté soit élaboré (Motion 06.3001 sur une Stratégie globale de lutte contre la pauvreté). Le Conseil des Etats doit prochainement discuter cette proposition.
En cette Journée mondiale du refus de la misère, les cinq ONG suisses apportent leur soutien la réalisation d’un tel Plan national et saluent la volonté du Conseil fédéral d’organiser une Conférence visant à élaborer un Plan national de lutte contre la pauvreté. Des manifestations auront lieu à Genève au Palais des Nations et à Lausanne, à la place St-François, où un chemin interactif conduira les passants sur le thème « Ce qui mène à la pauvreté et quelques pistes qui permettent de s’en sortir ». D’autres manifestations sont prévues à Bâle et Lucerne. COM/JB
Encadré
ATD Quart Monde, porte-parole des familles les plus pauvres
Le mouvement ATD Quart Monde se veut le porte-parole des familles les plus pauvres. ATD Quart Monde affirme que les droits de l’homme sont indivisibles et que sans la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que des droits civiques et politiques, aucune personne, aucune famille ne peut vivre en dignité et assumer ses responsabilités.
En 1957, le Mouvement a été fondé par le Père Joseph Wresinski et des familles pauvres vivant dans un bidonville à Noisy-le-Grand, près de Paris. Aujourd’hui, ATD Quart Monde travaille dans tous les continents. En Suisse le Mouvement existe depuis 1965. Son centre national à Treyvaux coordonne les activités en Suisse. (apic/com/be)
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