Le chef Mow bé s’est suicidé pour protester

Colombie: Peuple indigène Nukak Maku menacé de disparition

Bogota, 22 octobre 2006 (Apic) Les Nukak Makú, l’un des rares peuples nomades ayant survécu en Amérique latine et unique de Colombie, risquent de disparaître 18 ans après leur premier contact avec les blancs.

La situation est à ce pont désespéré que le chef de la communauté vient de se suicider pour manifester contre le drame qui frappe son peuple et l’indifférence de la communauté internationale et de la Colombie, indique l’agence Misna.

Cette situation est dénoncée par l’Organisation nationale des Indigènes de Colombie (Onic), selon laquelle la malaria et la guerre, qui ont poussé les indigènes à quitter la forêt, ont réduit depuis 1998 la communauté de 1’300 à 500 individus. La précarité de leurs conditions de vie, après leur transfert sur un terrain de 20’000 hectares de la réserve naturelle de Barrancón, leur a causé de graves problèmes de survie et les Nukak Makú demandent à présent à rentrer sur leurs terres d’origine.

Chose que ne pourra plus jamais faire le chef de la communauté indigène Nukak Makú, dernier peuple nomade colombien, qui s’est suicidé à cause du drame qui afflige les siens, « contraints à cause de la violence de quitter les territoires ancestraux de la forêt amazonienne de Wayári et de survivre dans des conditions dégradantes sur un site confiné dans l’Est du pays ».

Le chef Mow bé « est décédé après avoir été amené dans un hôpital de Villavicencio. Il s’est suicidé parce qu’il n’est pas arrivé à obtenir la promesse du retour chez eux des Nukak Makú, sur leur terre qu’ils aiment, malgré la guerre et les groupes armés » indique une note de l’Organisation nationale des indigènes de Colombie (Onic).

L’organisation rappelle que Mow bé – également connu sous le nom de Belisario – avait quitté la forêt avec 250 membres de sa communauté et s’était rendu dans la capitale, Bogotá, pour demander de l’aide au gouvernement. « Depuis, il communiquait souvent avec nous pour savoir si les requêtes de son peuple avaient été entendues, il était désespéré. Nous le pleurons aujourd’hui » ajoute l’Onic. (apic/misna/pr)

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