Ghana: Le gouvernement indemnise les victimes de violations des droits humains
Accra, 25 octobre 2006 (Apic) Le gouvernement du Ghana a entamé une procédure d’indemnisation de près de 2’000 citoyens, victimes de violations des droits de l’homme sous les précédents régimes. Les dédommagements ont commencé le 16 octobre. Les montants varient de 275 à 4’175 francs, en fonction du préjudice.
Selon le Réseau d’information régionale intégrée (IRIN, une agence de presse de l’ONU), c’est une enveloppe global de 1,5 million de dollars (1,8 million de frs) que l’Etat ghanéen a dégagée pour cette opération, sur recommandation d’une Commission de réconciliation nationale. Instituée par le parlement, elle avait siégé en 2001.
L’indemnisation concerne tous les Ghanéens ayant souffert de violations des droits de l’homme infligées par les divers gouvernements depuis l’indépendance du Ghana en 1957. La plupart de ces abus sont caractérisés par des détentions arbitraires, des confiscations de biens, des disparitions, des exécutions sommaires (dont deux anciens chefs d’Etat militaires) et la torture. Ils ont été commis sous des dictatures militaires qui se sont succédées à la tête du pays jusqu’en 2000, faisant alors du Ghana l’un des pays de l’Afrique de l’Ouest les plus instables.
Les régimes sanguinaires de Jerry Rawlings
Les audiences de la Commission ont surtout porté sur la période correspondant au régime de Jerry Rawlings et de son Conseil révolutionnaire des forces armées (AFRC). Ce jeune lieutenant de l’armée avait pris le pouvoir en 1979 dans le sang. Un an plus tard, il l’a remis à civil, Hilla Limann, après une élection présidentielle. Mais, en 1981, il revenait au pouvoir avec le Conseil de défense nationale provisoire (PNDC). Le plus grand nombre d’abus et de violations des droits de l’homme ont été accomplis lors de deux passages au pouvoir de Jerry Rawlings.
Pour Joe Ghartey, ministre de la Justice, « les indemnisations ne sont nullement des réparations pour les violations des droits humains, car l’argent, comme toute autre forme de compensation, ne pourra jamais redonner aux victimes ce qu’elles ont perdu ». « En plus, il est impossible de fixer le montant des pertes, du traumatisme physique, émotionnel, mental et psychologique que les victimes et leurs familles ont dû subir », a ajouté Ghartey, cité par IRIN. (apic/ibc/bb)
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