Déjà plus de 20 morts et 3’000 blessés

Bangladesh: Les chrétiens préoccupés par la montée de la violence dans les rues du pays

Dacca, 31 octobre 2006 (Apic) Quelque 20 personnes au Bangladesh ont déjà trouvé la mort et plus de 3’000 ont été blessées depuis que des partisans de la coalition au pouvoir et ceux de l’alliance d’opposition ont commencé à s’affronter dans des batailles de rue sanglantes. Cet accès de violence préoccupe les responsables des Eglises, préoccupés par la généralisation des affrontements entre les partisans de factions politiques rivales.

«Nous sommes vraiment effrayés par ce qui est en train d’arriver,» a déclaré le pasteur Elgin Saha, président du Conseil national des Eglises du Bangladesh (NCCB), à Anto Akkara, de l’agence oecuménique ENI. «Ces violences ont bouleversé nos vies,» a-t-il déclaré en réaction aux événements violents qui déchirent le pays.

Les violences se sont déclarées le 27 octobre, alors que l’alliance d’opposition, regroupant 14 partis, et le gouvernement, dirigé par le Premier ministre Khaleda Zia, qui arrive au terme de son mandat, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le nom de la personne qui serait désignée pour former un gouvernement intérimaire chargé de veiller au bon déroulement des élections générales de début 2007.

Pendant trois jours, sur tout le territoire de ce pays à majorité musulmane, des gangs rivaux se sont jeté des pierres et ont utilisé des armes à feu, paralysant la circulation sur les routes et forçant les commerces à rester fermés. «La démocratie ne s’est pas encore pleinement épanouie, ici. Ces événements démontrent que nos partis politiques cherchent à afficher leur pouvoir par la force», a déploré Sudhir Adhikari, ancien président du NCCB.

Sudhir Adhikari, de l’Eglise baptiste, explique pour sa part que les événements de ces derniers jours sont la preuve que «la vie ne vaut pas grand chose pour les responsables politiques, qui incitent leurs cadres à s’attaquer au camp adverse». Le président du Bangladesh, le professeur Iajuddin Ahmed, a annoncé le 29 octobre qu’il prendrait la tête d’un gouvernement intérimaire, suite à l’impossibilité du gouvernement et des partis d’opposition de se mettre d’accord sur une personne.

Toutefois, la mesure du président fait resurgir des craintes quant à une nouvelle flambée de violences, car le principal parti d’opposition, la Ligue Awami, n’a pas assisté à son serment. Les chrétiens forment une petite minorité au Bangladesh, représentant 0,4 % des quelques 147 millions d’habitants. Environ 83 % de la population est musulmane, les autres habitants du pays étant hindous ou bouddhistes. (apic/eni/be)

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