Berne: Justice et Paix soutient le milliard de cohésion et les allocations familiales
Berne, 3 novembre 2006 (Apic) L’Eglise catholique en Suisse soutient le milliard de cohésion avec les pays de l’Est et la loi sur les allocations familiales, soumis au vote du peuple suisse le 26 novembre. Elle l’a fait savoir par une prise de position signée par la Commission Justice et Paix de la Conférence des évêques suisses.
La loi fédérale sur la coopération avec l’Est «souligne la solidarité de la Suisse avec les Etats de l’Est en transformation; c’est aussi une contribution à la paix, à la justice et à la stabilité en Europe», affirme «Justice Paix» dans son communiqué. La contribution suisse de 100’000 francs durant 10 ans en faveur de pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale – appelée aussi «milliard de cohésion» – vise à réduire les disparités entre pauvres et riches au sein de l’UE. «Nous considérons que ce rééquilibrage social est un impératif de fair-play et de justice et qu’il sert finalement aussi l’intérêt économique, politique et sécuritaire de la Suisse», souligne encore la commission des évêques suisses.
Parmi les raisons pour lesquelles «Justice et Paix» soutient le milliard de cohésion, la commission cite notamment la promotion de l’unification du continent européen, prônée dans la charte oecuménique des Eglises européennes. Elle souligne également que ce montant «n’est versé ni dans le portefeuille de l’UE à Bruxelles ni dans le fonds de cohésion de l’UE». «La Suisse peut, bien au contraire, disposer de sa contribution comme elle l’entend pour soutenir la démocratie, la formation, les infrastructures et l’environnement». La commission des évêques suisses y voit enfin «des avantages économiques issus des bilatérales II; il permet en même temps de les consolider, dans le sens d’un équilibre entre donner et recevoir». «Justice et Paix» demande toutefois que «le renforcement de la solidarité avec les pays d’Europe de l’Est n’ait pas lieu au détriment de la coopération au développement traditionnelle». Et ajoute: «Ceci semble garanti par les engagements des parties favorables au oui».
Les enfants, un facteur d’appauvrissement
Dans une 2e prise de position, «Justice et Paix» recommande le «oui» à la loi sur les allocations familiales. Ce projet, qui fera également l’objet d’un scrutin par les urnes le 26 novembre, vise l’harmonisation des allocations familiales par l’introduction d’un montant minimum de 200 francs, respectivement de 250 francs par enfant, dans toute la Suisse. «Il s’agit là d’une forme de reconnaissance et de solidarité de notre société à l’endroit du travail éducatif et des charges liées à la formation, tout particulièrement dans un contexte où les enfants sont, de plus en plus, un facteur d’appauvrissement», souligne la commission.
Selon diverses études, rappelle «Justice et Paix», «plus de 250’000 enfants vivent en Suisse au-dessous du seuil de pauvreté. Cet état de choses comporte, pour les intéressés, des désavantages quant à leurs chances de formation, quant à leurs possibilités de vie et de travail. Il y a lieu de combattre la pauvreté des familles de diverses manières. Une allocation familiale dont le montant minimal est uniforme obéit à cet objectif et élimine les injustices les plus graves dans le droit en vigueur».
Dans une prise de position diffusée le 4 octobre, le Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) avait également soutenu la loi fédérale sur la coopération avec les Etats d’Europe de l’Est. La contribution annuelle de cent millions de francs durant dix ans en faveur des nouveaux Etats de l’Union européenne constitue «un investissement dans la stabilité et la solidarité», avait-elle affirmé. (apic/com/bb)
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