Congo RDC: «Justice et Paix» dénonce l’insécurité quotidienne au Kivu

Absence de volonté militaire et politique de mettre fin à la violence

Bukavu, 9 novembre 2006 (Apic) La Commission diocésaine Justice et Paix de l’archidiocèse de Bukavu (Sud-Kivu- Congo RDC) dénonce l’insécurité au quotidien au Congo RDC et da la région du Kivu.

«Le rêve que caressent tous les Congolais» avec les élections générales censées rebâtir leur pays en vue d’un avenir de développement, de stabilité et de paix «est nié à certains habitants de l’Est, qui voient encore chaque jour les leurs lâchement assassinés, emportés dans les forêts, dépouillés de tous leurs biens».

Le document de la commission, cité par l’Agence Misna, contient les détails de violences encore faites aux civils, après des années de dictature et de conflit: un homme tué, son fils grièvement blessé et 4 femmes enlevées par des éléments armés à quelques dizaines de mètres seulement du camp militaire dans la nuit du 5 novembre à Kaniola, localité du Sud-Kivu; une jeune femme étranglée et une autre enlevée le lendemain dans le village de Murhali, en territoire de Walungu; l’occupation par des rebelles hutus rwandais alliés à des groupes de bandits des localités d’Irhegabarhonyi et de Murhume, dans la chefferie de Nindja; le rançonnement quotidien par les militaires de l’armée régulière (Fardc) dans la zone de Kalonge, en bordure du parc de la Virunga.

«Au lieu d’une volonté politique et militaire» de s’occuper de ces criminels, «les décisions pour les déloger et les mettre hors d’état de nuire restent coincées dans les querelles des composantes politiques ou encore dans la légitimation d’intervention militaire des forces internationales sur place. Les moyens sont là mais apparemment ce chaos profite à certains» déclarent encore les membres de la Commission Justice et Paix, choqués par «l’inaction des chefs coutumiers» et par «la complicité de nous-mêmes Congolais».

Interrogations

Comment des militaires, garants de la sécurité, et les hommes «laissent des bandits armés jusqu’aux dents traverser les villages et emporter femmes et filles sans la moindre réaction?» s’interrogent les auteurs du rapport, qui notent une «amplification des attaques des bandes armées à l’approche de la fin du processus électoral, comme pour lancer un défi aux autorités élues».

Dans le Nord-Kivu, toujours dans l’Est du pays, la Mission des Nations Unies (Monuc) vient de recenser près de 3’000 nouveaux déplacés aux environs de Kamandi, à 200 kilomètres du chef-lieu, Beni. Ces personnes ont fui les exactions de militaires et les accrochages entre les forces armées et des rebelles, «probablement des maï-maï et Fdlr» (rebelles hutus rwandais) écrit la Monuc.

Selon les données de l’Ocha (bureau des Nations unies en charge des questions humanitaires), le pays compte encore 1,1 millions de déplacés internes. (apic/misna/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/congo-rdc-justice-et-paix-denonce-l-insecurite-quotidienne-au-kivu/