Rome: A l’occasion du Message de Benoît XVI sur la Journée des migrants
Rome, 14 novembre 2006 (Apic) Le trafic des êtres humains dans le monde est «beaucoup plus grave» que l’esclavage d’autrefois en Afrique, a déclaré le cardinal Renato Martino, le 14 novembre. Il s’est aussi insurgé contre les murs censés empêcher l’immigration et a appelé les immigrés à respecter les lois du pays d’accueil.
Le président du Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement, Mgr Renato Martino, s’exprimait devant la presse vaticane au sujet du Message de Benoît XVI pour la 93e Journée mondiale des migrants. Il a abordé parmi d’autres thèmes «chauds» le thème du trafic humain.
«Le trafic des êtres humains dans le monde est malheureusement très grave», a ainsi déclaré le cardinal Martino. Ce trafic, qui s’est intensifié ces dernières années, selon lui, est beaucoup plus grave que l’esclavage du passé lorsque des esclaves étaient achetés en Afrique. Mentionnant les enfants-soldats ou encore les victimes de la prostitution, il a dénoncé «cet esclavage dans un monde qui se dit libre, qui proclame les droits de l’homme à droite et à gauche», alors que «les droits de tant d’être humains ne sont pas respectés, mais piétinés».
Le mur Etats-Unis/Mexique fustigé par le cardinal Martino
«Je dois malheureusement souligner que, dans un monde qui avait salué la chute du mur de Berlin, il y en a d’autres qui se sont érigés entre les quartiers, entre les villes et les nations», a souligné le cardinal italien dans sa longue intervention. Il s’est particulièrement arrêté sur celui récemment érigé entre les Etats-Unis et le Mexique afin d’empêcher les Mexicains d’émigrer vers l’Amérique du nord, expliquant qu’heureusement les évêques mexicains et américains étaient parfaitement d’accord à ce sujet. Il a ainsi souligné leur «merveilleuse entente» contre «un programme inhumain comme la construction de ce mur et de tous les autres, indignes d’une famille de nations qui se veut telle».
De façon générale, pour le cardinal Martino, «il faut mettre en oeuvre une politique d’immigration qui sache concilier les intérêts du pays d’accueil et le développement nécessaire des pays moins favorisés, une politique soutenue aussi par une volonté d’intégration qui ne laisse pas se développer des situations de rejet et de non droit, comme le révèle le drame des sans-papiers».
Les autorités doivent aussi exiger la liberté religieuse des chrétiens qui émigrent
Mais il est aussi nécessaire d’exiger de la part des hôtes, c’est-à-dire de ceux qui arrivent dans une culture différente de la leur, «qu’ils respectent les symboles, la religion et les traditions de ce pays d’accueil», a affirmé le cardinal au sujet des musulmans arrivant dans les pays occidentaux.
Il a aussi regretté que, souvent, «l’exigence de la réciprocité ne puisse pas se réaliser parce que les pays d’origine ne donnent pas aux chrétiens la même liberté pour professer leur propre religion», que celle donnée aux musulmans dans les pays d’origine chrétienne. «Nous ne devons pas juste attendre que cette réciprocité advienne, mais il est élémentaire et justifiable que les autorités exigent ce respect», a-t-il aussi déclaré.
Le cardinal Martino a néanmoins souligné «qu’on ne pouvait pas choisir le type d’immigré à accueillir» en fonction de sa religion. «Les immigrés qui vont aux Etats-Unis auront moins de difficulté à s’insérer parce qu’ils sont catholiques ou chrétiens, a-t-il reconnu, mais en Europe, je ne crois pas que l’on puisse arriver à choisir l’immigré que l’on préfère», a-t-il poursuivi, interrogé sur le fait que l’Eglise puisse être plus favorable à l’immigration de chrétiens que de personnes d’autres religions. Pour lui, il faut surtout chercher «les causes des mouvements migratoires» dans les pays d’origine des émigrés afin de les résoudre.
Accepter la loi du pays où l’on va
«Il faut un dialogue avec nos frères» mais, «dans le dialogue, il faut chercher à leur faire comprendre que les conséquences de certains de leurs désirs liés à leur religion ou à leur coutume ne sont pas positifs dans la société dans laquelle ils se trouvent maintenant», a renchéri Mgr Agostino Marchetto, secrétaire du Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement également présent à la conférence. Pour l’archevêque italien, «accepter la loi» du pays où l’on va est nécessaire pour s’y intégrer. Et de citer l’exemple du foulard islamique. En Italie, on demande à ce que l’on puisse voir le visage, a-t-il ainsi souligné.
Interrogé finalement sur le fait que le Saint-Siège n’ait pas ratifié la Convention internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs immigrés et des membres de leurs familles, entrée en vigueur le 1er juillet 2003, et pourtant appréciée par le pape, Mgr Marchetto a expliqué que cela résultait du fait qu’elle posait des difficultés d’application au sein du petit Etat de la Cité du Vatican.
Le Message publié à l’occasion de la prochaine Journée mondiale des migrants et des réfugiés du 14 janvier 2007, signé le 18 octobre 2006, a été rendu public par le Bureau de presse du Saint-Siège, le 14 novembre. Il a pour thème ’la famille migrante’. (apic/imedia/ar/vb)
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