Rencontre au sommet entre évêques catholiques et anglicans

Grande Bretagne: Journée faste pour l’oecuménisme

Londres, 156 novembre 2006 (Apic) Le primat catholique d’Angleterre et du Pays de Galles Cormac Murphy-O’Connor et son homologue anglican Rowan Williams se sont rencontrés à Leeds. A l’issue de 24 heures de dialogue entre le 15 et le 16 novembre, qui a eu lieu pendant la Conférence épiscopale catholique, ils ont publié un communiqué commun.

Pour la première fois, rapporte la correspondante à Londres du quotidien italien L’Avvenire du 16 novembre, un tiers des évêques de l’Eglise d’Angleterre, qui siègent à la Chambre des évêques du Synode général, l’organe faîtier de cette Eglise, ont participé à la rencontre de la Conférence épiscopale catholique. Le rendez-vous précédé de 18 mois de travail, s’est inscrit dans le dialogue entre les deux communautés déjà initié par une Commission spéciale interreligieuse.

Quarante ans après la visite de l’archevêque de Canterbury, Michael Ramsey, au pape Paul VI, le rendez-vous de Leeds est un pas en avant par rapport aux rencontres qui existaient entre les évêques des deux Eglises, qui se voient régulièrement au niveau local.

Selon le communiqué conjoint des deux évêques,» il est important de témoigner du christianisme dans la société d’aujourd’hui et de collaborer avec les autres religions pour promouvoir le bien commun de la société».

Dans des sujets comme «la défense des immigrés, la promotion de la religion dans la vie publique, la condamnation de la guerre et des trafics d’armes, les évêques catholiques et anglicans font cause commune en faisant pression sur les gouvernements avec d’autres leaders chrétiens», affirment-ils dans leur communiqué. Pour arriver à cet engagement réciproque et au témoignage commun de la foi chrétienne, les deux évêques reconnaissent dans leur communiqué commun que la route pour l’unité est encore longue.

Impensable au lendemain de la Seconde guerre mondiale, alors qu’en Grande Bretagne, les deux Eglises étaient encore pleines de ressentiment l’une l’autre, conséquence de la Réforme d’Henry VIII, le rapprochement est d’importance, notent les observateurs. «Notre foi chrétienne est enracinée dans notre baptême commun. Notre enthousiasme pour le dialogue oecuménique signifie que nous devons être honnêtes dans la défense d’argumentaires sur lesquels nous n’étions pas d’accord: L’ordination de femmes évêques, les prêtres homosexuels, les unions homosexuelles, qui sont les plus grands obstacles au dialogue théologique». Il faut y ajouter l’euthanasie, qui divise l’Eglise anglicane et le Vatican . Pour Rome l’euthanasie n’est jamais acceptable, affirmait tout récemment le cardinal Javier Lozzano Barrragan à propos de l’Eglise anglicane, pour qui maintenir en vie, par exemple, les grands prématurés handicapés, par l’acharnement thérapeutique, n’est pas souhaitable. L’évêque de Southwark Mgr Tom Butler avait affirmé le 12 novembre au nom de l’Eglise anglicane que «dans certains circonstances, il peut être juste de stopper ou de retirer un traitement, sachant qu’il est possible ou même certain que cela provoquera la mort».

Selon les deux responsables, «il est possible de travailler à ces thématiques qui divisent encore les deux Eglises, en faisant confiance à l’Evangile et à l’esprit saint, dans la conviction qu’ils inspirent notre pèlerinage vers l’unité et notre mission commune». La rencontre de Leeds sera pour les évêques par-dessus tout «une occasion d’échanger des conseils et des expériences de type pastoral». Il est significatif remarquent les observateurs, que la rencontre catholiques-anglicans ait eu lieu à peine quelques jours avant la visite du primat Rowan Williams à Rome, où il sera reçu par le pape. (apic/avvenire/ag/vb)

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