Etude «privée» de 200 pages sur le préservatif
Rome, 21 novembre 2006 (Apic) A la demande du pape, le Conseil pontifical pour la pastorale de la santé a remis «une étude privée» sur le préservatif à la Congrégation pour la doctrine de la foi, a infirmé mardi le cardinal Javier Lozano Barragan, président de ce dicastère. L’étude en question contient quelque 200 pages.
Le cardinal s’exprimait à l’occasion d’une conférence de présentation de la 21e Conférence internationale, organisée au Vatican par le Conseil pour la pastorale de la santé, sur «les aspects pastoraux des soins des maladies infectieuses», du 23 au 25 novembre.
Le Conseil pour la pastorale de la santé a récemment remis «une étude privée» sur le préservatif, à la fois au niveau scientifique et moral à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ce dicastère examine actuellement ce document, a ainsi expliqué le cardinal mexicain à la presse vaticane.
Interrogé sur la position officielle de l’Eglise sur le préservatif, notamment dans le cadre d’un couple marié dont l’un des membres est contaminé par le sida, le cardinal Lozano Barragan a en effet déclaré «je peux vous dire que c’est certainement un point qui préoccupe beaucoup» Benoît XVI. Si bien qu’il m’a demandé d’établir «un dialogue sur le préservatif» entre mon dicastère et la Congrégation pour la doctrine de la foi.
Répondant à ce désir, «nous avons fait une étude précise sur le préservatif, tant du point de vue scientifique, que du point de vue moral», a aussi expliqué le chef de dicastère. «Nous avons remis notre étude (.) presque 200 pages, à la Doctrine de la foi».
Les membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi, autrefois dirigée par le cardinal Ratzinger, étudient «notre dossier», a poursuivi le cardinal Lozano Barragan. Je pense que l’étude scientifique est «exhaustive». «Les données sont présentées par des scientifiques de très bonne qualité», a-t-il justifié. «Et puis sur l’aspect théologico-moral, nous avons eu des études faisant un tour de table énorme» allant de «ceux qui sont très rigoureux à ceux qui sont très compréhensifs» sur la question du préservatif, a encore précisé le cardinal.
Quelle réponse?
«Il ne nous ne revient pas de donner un jugement», a encore affirmé le prélat, interrogé sur le jugement de son dicastère sur la question. «Nous disons la problématique du monde est celle-ci, la science dit ceci, les théologiens disent cela, et le philosophe ceci, et nous le transmettons au pape à travers la doctrine de la foi pour qu’il puisse penser sur le sujet et dire ce qu’il faut dire».
Mais «donner une position doctrinale sur le sujet ne nous revient pas, nous serions en-dehors de nos compétences» si nous le faisions, a alors commenté le cardinal. «Car nous ne sommes pas un dicastère doctrinal, mais un dicastère pastoral». «Il ne nous revient pas de donner la solution».
Les membres de la Congrégation pour la doctrine de la foi «doivent étudier le sujet». Avec le pape, «ils diront ce qui convient le plus à ce sujet».
Cependant pour le cardinal mexicain «aucune réponse de l’Eglise ne doit être telle qu’elle permette le libertinage sexuel», a aussi estimé le «ministre de la santé» du Saint-Siège. Jusqu’ici, a-t-il dit, «il n’y a aucune réponse officielle de l’Eglise sur la question du préservatif». Selon lui, les questions sont: doit-on apporter une réponse? A ses yeux, il y a beaucoup à discuter.
«Le Vatican va bientôt diffuser un document sur l’usage des préservatifs par les personnes ayant de graves maladies, à commencer par le sida», avait déclaré le cardinal Javier Lozano Barragan en avril dernier. Ses déclarations avaient suscité un certain embarras au Saint-Siège. Le pape aurait alors demandé au cardinal mexicain une certaine discrétion vis-à-vis de ce sujet délicat. (apic/imedia/ar/pr)
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