Egypte: Le ministre de la culture Farouk Hosni dans le collimateur des islamistes
Le Caire, 22 novembre 2006 (Apic) Le ministre égyptien de la culture Farouk Hosni est dans le collimateur des islamistes. Il s’est attaqué la semaine dernière au hidjab, le voile islamique, qualifié de rétrograde.
Dans une déclaration au quotidien Al-Masri Al-Youmdu jeudi 16 novembre, Farouk Hosni s’est attaqué au hidjab cher aux islamistes, affirmant qu’il représentait « un retour en arrière, une régression ».
Le ministre égyptien, en poste depuis près de deux décennies, a refusé de s’excuser pour ses commentaires, au grand dam des religieux, qui exigent sa démission. L’affaire a fait du bruit jusqu’au Parlement égyptien, où 130 députés ont signé une pétition appelant à retirer la confiance à leur ministre. Farouk Hosni est maintenant convoqué devant une commission parlementaire mixte formée par les Commissions religieuse et culturelle du Parlement, pour répondre à un certain nombre de questions. Le ministre de la culture a déclaré qu’il n’avait fait qu’exprimer une opinion personnelle et n’avait pas eu l’intention d’offenser les femmes portant le voile.
Ce peintre reconnu, qui a participé à de nombreuses expositions nationales et internationales, a relevé qu’à ses yeux, la religion, aujourd’hui, est réduite aux signes extérieurs « alors que la relation de foi entre Dieu et sa créature n’a rien à voir avec l’habit ». Et le ministre égyptien de la culture d’ajouter que « la pudeur de la femme est une question de conviction intérieure, elle ne réside pas dans son apparence extérieure ».
Mais ses explications n’ont pas donné satisfaction à ses critiques, dont le président du Parlement Fathi Sorour, ainsi qu’un grand nombre de députés des Frères musulmans et du parti au pouvoir, le Parti national démocrate (PND). Il est assez rare qu’un ministre égyptien soit la cible de critiques si vives provenant de ses propres rangs, note la BBC. Ainsi après l’incendie d’un théâtre d’Etat à Beni-Souef, en septembre de l’an dernier, qui avait coûté la vie à une quarantaine de personnes, dont des comédiens et des critiques, Farouk Hosni avait voulu démissionner. Le président Moubarak avait cependant refusé de se séparer de sa caution intellectuelle. Mais désormais le ministre de la culture est accusé d’avoir offensé l’islam, et sa situation devient difficile.
Certes, des intellectuels libéraux ont bien essayé d’argumenter que le port du voile islamique ne relève pas d’une obligation religieuse, mais ce n’est pas l’avis de la plupart des Egyptiens, dans un pays où la majorité des femmes couvrent leurs cheveux. Si le ministre perd son poste à cause de cette affaire, note encore la BCC, cela mettra en lumière les contradictions de la politique du gouvernement concernant la voile, car celles qui le portent sont toujours interdites de présenter les programmes sur la chaîne de télévision nationale. (apic/bbc/be)
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