Rome: Le voyage de Benoît XVI en Turquie commenté par Mgr Mamberti
Rome, 26 novembre 2006 (Apic) Pour le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, le voyage de Benoît XVI en Turquie est à la fois oecuménique, interreligieux et diplomatique. C’est ce que Mgr Dominique Mamberti a déclaré au quotidien de la conférence épiscopale italienne Avvenire le 26 novembre.
Dans les différents objectifs du voyage que Benoît XVI effectuera en Turquie du 28 novembre au 1er décembre, il ne « faut pas introduire des séparations indues », a expliqué le ’ministre des Affaires étrangères’ du Saint-Siège. Il a ainsi rappelé que « le pape entend avant tout répondre à l’invitation du patriarche Bartholomé Ier, de rendre une visite fraternelle à une Eglise soeur et promouvoir toujours plus les relations oecuméniques ». Le pape entend aussi « confirmer dans la foi » la petite communauté catholique en lui « exprimant la solidarité de l’Eglise universelle et l’encourager dans les difficultés ».
En ce qui concerne le respect de la liberté religieuse, Mgr Mamberti « imagine » que le pape abordera la question, « à partir du fait que la Constitution turque garantit à tous les citoyens la liberté religieuse et en assure l’exercice, en exprimant le souhait que ceci puisse se réaliser selon les exigences propres de chacune des communautés religieuses, même minoritaire ». Il reconnaît aussi que le discours de Benoît XVI à Ratisbonne, en septembre dernier, et la polémique qui s’en est suivie dans le monde musulman a eu « une influence sur le voyage du pape, mais plutôt positif dans le sens où il rend encore plus significatif ce voyage ». Ainsi, au cours du voyage, le pape « pourra rappeler ce qu’il a déjà dit et éclairer sa pensée, autour de son estime envers les musulmans, la volonté de dialogue, la possibilité de collaboration au service de l’homme et de sa cause, en dépassant les incompréhensions et les malentendus ».
Adhésion à l’UE? Attention à la liberté religieuse!
Sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’union européenne, dont les critères recouvrent le respect de la liberté religieuse, Mgr Mamberti a rappelé que le Saint-Siège n’a pas exprimé de position « officielle ». Pour autant, « le Saint-Siège retient, qu’en cas d’adhésion, le pays doit répondre à tous les critères politiques convenus au sommet de Copenhague en décembre 2002 et, pour ce qui concerne la liberté religieuse, aux recommandations contenues dans les décisions relatives aux principes, aux priorités et aux conditions contenues dans le partenariat d’adhésion de la Turquie du 23 janvier 2006 ».
Ainsi, le ’ministre des Affaires étrangères’ du Vatican a souligné que pour les autorités turques et en général « pour les responsables politiques d’une nation », une rencontre avec le pape « constitue toujours une précieuse opportunité, à valoriser, d’échange et de collaboration au bénéfice du pays intéressé ». Le premier ministre turc, qui dans un premier temps avait annoncé ne pas pouvoir rencontrer le pape, a fait savoir le 24 novembre qu’il pourrait probablement s’entretenir avec lui à son arrivée à l’aéroport d’Ankara.
Pour Mgr Mamberti, malgré les difficultés et les manifestations hostiles à sa venue, Benoît XVI n’a « jamais démontré vouloir remettre en cause sa décision » de se rendre en Turquie. « Le Saint-Siège a déjà réagi dans le sens de ne pas vouloir amplifier au delà de leurs réelles consistances », les manifestations hostiles au voyage. « Je suis certain que la société turque, dans son ensemble, ne manquera pas de démontrer encore une fois son traditionnel accueil envers un illustre pèlerin de paix et de dialogue », a conclu Mgr Mamberti. (apic/imedia/hy/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rome-le-voyage-de-benoit-xvi-en-turquie-commente-par-mgr-mamberti/