Colombie: Liens entre politiques et paramilitaires avérés
Bogota, 27 novembre 2006 (Apic) Une quarantaine d’hommes politiques, dont certains membres du gouvernement, auraient signé en 2001 un accord avec les paramilitaires pour créer un «mouvement national» de soutien aux combattants d’extrême droite, responsables de massacres de civils.
La nouvelle est révélée dans les colonnes du quotidien «El Tiempo» par le sénateur Miguel De la Espriella, un proche du président Alvaro Uribe, soulevant une polémique qui fait depuis 24 heures la une des médias nationaux.
La signature de ce pacte aurait eu lieu à Santa Fe de Ralito, dans le département septentrional de Córdoba, où se serait ensuite tenue une réunion convoquée par celui qui était à l’époque le numéro un des paramilitaires des Autodéfenses unies de Colombie (Auc) Carlos Castaño et par son bras droit Salvatore Mancuso.
«Il y avait des parlementaires, des gouverneurs, des maires, des conseillers communaux.ils nous proposèrent la création d’un mouvement politique qui défende les thèses des Auc et favorise un processus de paix avec elles» a affirmé le sénateur De la Espriella, ajoute que «tous les parlementaires présents signèrent l’accord» sous la «pression des paramilitaires». Il ne révèle toutefois pas les noms des politiciens et assure que le président Uribe n’était pas au courant.
Cette révélation intervient alors que l’enquête se poursuit sur les liens entre la politique et les paramilitaires, qui a déjà amené en prison trois parlementaires de la coalition gouvernementale et qui menace de toucher de près le président et des ministres.
L’ex-candidat à la présidence du Parti libéral Horacio Serpa, battu par Uribe en 2002 et cette année, a demandé une enquête sur le chef de l’Etat. «Monsieur le président, vous avez une responsabilité, ne serait-ce que politique, et vous devez expliquer pourquoi le paramilitarisme a autant augmenté et pourquoi les partis proches du président sont infestés de paramilitaires» a déclaré Horacio Serpa durant une manifestation à Bucaramanga.
«Commission de vérité» demandée
Le sénateur de l’opposition Jaime Dussán a demandé la création d’une commission de vérité devant laquelle seraient appelés à comparaître tous les politiciens impliqués dans le scandale.
Ces derniers jours, 19 commandants des Auc, démobilisés dans le cadre du processus de paix, s’étaient dits prêts à donner les noms des politiciens et des hommes d’affaires proches de leur entourage. Des aveux qui leur permettraient de ne pas perdre les bénéfices de la «Ley de Justicia y Paz» qui garantit aux ex-combattants une peine maximale de 8 ans de prison pour des crimes tels que les assassinats de civils. (apic/misna/pr)
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