Voyage du pape Benoît XVI en Turquie
Les objectifs de son voyage ne sont pas politiques, déclare le pape
De notre envoyée spéciale Ariane Rollier, I.Media
Rome/Ankara, 28 novembre 2006 (Apic) Benoît XVI a déclaré mardi que sa visite en Turquie du 28 novembre au 1er décembre n’était pas un voyage «politique» mais «pastoral». Il a pour but «le dialogue et l’engagement commun pour la paix», a-t-il déclaré peu avant son départ de Rome pour Ankara.
Le pape s’exprimait devant les journalistes à bord du vol papal, juste avant le décollage de l’avion devant le mener à Ankara pour son 5e voyage apostolique à l’étranger. «Je voudrais souligner que ce voyage n’est pas un voyage politique», a ainsi déclaré le pape aux journalistes à bord de l’Airbus A321 de la compagnie aérienne Alitalia. «C’est un voyage pastoral» ayant pour but le dialogue et l’engagement commun pour la paix, a-t-il précisé. «Tous, nous sentons cette même responsabilité en ce moment difficile de l’histoire et nous collaborons», a-t-il encore justifié.
L’objectif de ce premier voyage dans un pays musulman est donc, pour Benoît XVI, à la fois le dialogue, la fraternité, la rencontre entre les cultures et les religions en vue de la «réconciliation». Le pape a ainsi souhaité que cette visite en Turquie suscite un dialogue entre le christianisme et l’islam, mais aussi «un dialogue avec nos frères chrétiens, surtout avec l’Eglise orthodoxe de Constantinople». Benoît XVI a aussi parlé de la valeur symbolique de ses prochaines rencontres, les qualifiant de rencontres d’amitié.
Le souverain pontife a souligné que la Turquie a toujours été un pont entre les cultures et un lieu de rencontres et de dialogue, qualifiant le peuple turc «d’accueillant et ouvert», et de peuple qui désire la paix.
Repenser la raison «laïque-laïciste»
Concernant les rapports entre la Turquie et l’Europe, le pape a souligné la possibilité d’une «fécondation réciproque». «Nous, Européens, devons repenser notre raison laïque-laïciste», a-t-il estimé, et la Turquie doit, partant de son histoire, de ses origines, «penser avec nous comment reconstruire, pour l’avenir, le rapport entre la laïcité et la tradition, entre une raison ouverte et tolérante, qui a comme élément fondamental la liberté, et les valeurs qui donnent du contenu à la liberté».
Le pape est arrivé à l’aéroport de Rome-Fiumicino un peu avant 9h, accompagné de sa délégation composée, entre autres, du cardinal Tarcisio Bertone, nouveau secrétaire d’Etat du Saint-Siège, du cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la culture et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et du cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.
L’avion pontifical a quitté le sol italien à 9h23. Il doit atterrir à 13h (heure locale) à Ankara, en Turquie. Là, le pape doit être brièvement accueilli par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en partance pour le sommet de l’Otan à Riga, en Lettonie. Le pape se rendra à son arrivée notamment au mausolée de Mustafa Kemal Atatürk, le «père de la Turquie moderne», qui est le monument le plus visité d’Ankara, tout en étant le symbole de la laïcité dans ce pays majoritairement musulman. (apic/imedia/ar/be)
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