Rome: Le cardinal Castrillon-Hoyos rappelle la discipline du célibat des prêtres

Une discipline qui « les aide dans leur ministère sacré »

Rome, 30 novembre 2006 (Apic) Le cardinal Dario Castrillon-Hoyos a rappelé que le célibat des prêtres était « une discipline » et non « un dogme ». Le préfet émérite de la Congrégation pour le clergé, a ainsi estimé qu’elle « aidait » les prêtres à vivre leur ministère sacré.

Le prélat s’exprimait dans la préface de la seconde édition en français du livre Les origines apostoliques du célibat sacerdotal, écrit par le père jésuite Christian Cochini et publié par les éditions Ad Solem. L’ouvrage sera présenté au séminaire français de Rome, le 5 décembre 2006, à 18h, sous la responsabilité du Centre culturel Saint-Louis des Français.

« Depuis les premiers siècles de l’Eglise, la loi de la continence puis du célibat aide les ministres sacrés à vivre leur configuration au Christ Tête et Pasteur comme une ’consécration totalisanté de leur personne tout entière, avec son coeur et son corps », a écrit le cardinal Castrillon-Hoyos, dans sa préface de l’ouvrage du jésuite français. Et « cette consécration doit se manifester ». Citant le père Cochini, le cardinal a rappelé, en effet, que l’Eglise, « depuis l’époque apostolique », avait voulu « conserver le don de la continence perpétuelle des clercs », et s’était orientée dans cet esprit « vers la solution de choisir les candidats à l’Ordre sacré parmi les célibataires ».

« Rarement un thème a suscité autant de débats dans l’Eglise », a estimé le cardinal colombien au sujet du célibat des prêtres, mentionnant notamment les discussions suivant le Concile Vatican II (1962-1965) sur « d’éventuelles adaptations de la forme de la discipline ». « La discipline du célibat » – « car il s’agit bien d’une discipline, non d’un dogme » – a en effet été « reproposée » par le Concile, qui a déclaré que « c’est pour des motifs fondés sur le mystère du Christ et sa mission que le célibat, d’abord recommandé, a été ensuite imposé ». Ces discussions ont finalement abouti « au vote du Synode des évêques de 1971 », réaffirmant que « la loi du célibat sacerdotal en vigueur dans l’Eglise latine devait être intégralement conservée », a alors rappelé le cardinal.

500 pages pour un répertoire

Dans son livre de 500 pages, le père Cochini a inventorié tous les hommes mariés et pères de famille devenus diacres, prêtres ou évêques durant les premiers siècles de l’Eglise, mettant aussi en lumière les exigences particulières de célibat qui étaient réclamées de ces hommes. Selon la législation canonique, les candidats aux ordres mariés étaient en effet tenus, à partir de leur ordination, à observer la continence parfaite avec leur épouse. Dans sa longue enquête couvrant l’ensemble des Eglises d’Orient et d’Occident aux sept premiers siècles, l’auteur démontre que la loi de célibat-continence est une tradition non-écrite d’origine apostolique.

Le livre a été publié une première fois à la suite de la thèse sur les origines du célibat sacerdotal, que le père Cochini soutint devant le cardinal Jean Daniélou, en 1969, à Paris. Celui-ci avait estimé que ce travail « rendrait un vrai service à l’Eglise ». « Cet ouvrage est de première importance. Il suppose des recherches considérables, longues et méthodiques. Dans la production de notre siècle en la matière, je ne pense pas que rien puisse lui être comparé, même de loin », avait pour sa part commenté le théologien Henri De Lubac à la première parution du livre.

C’est le père André Manaranche, jésuite français, qui présentera la nouvelle édition du libre du père Cochini, le 5 décembre prochain. Sa présentation sera accompagnée de celle de L’Eglise, servante de la vérité, regards sur le magistèrez, du père Bruno Le Pivain, préfacé par le cardinal Georges Cottier. Le théologien émérite de la Maison pontificale sera également présent à la présentation des deux livres édités par Ad Solem. (apic/imedia/ar/pr)

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