L’Europe doit être attentive à la question de la liberté religieuse

Istanbul: Déclaration commune de Benoît XVI et de Bartholomé Ier

Istanbul, 30 novembre 2006 (Apic) Dans une déclaration commune signée au siège du patriarcat orthodoxe de Constantinople, Benoît XVI et Bartholomé Ier ont appelé jeudi l’Union européenne à être plus attentive à la question de la liberté religieuse.

Les deux hommes, réunis à Istanbul, ont signé un texte commun dans lequel ils ont aussi lancé un appel pour la paix au Proche-Orient, la protection de l’environnement et assuré de leur désir de poursuivre le chemin oecuménique.

Affirmant avoir « évalué positivement le chemin vers la formation de l’Union européenne », les deux responsables religieux ont ainsi invité « les acteurs de cette grande initiative » à « prendre en considération tous les aspects qui touchent à la personne humaine et à ses droits inaliénables, surtout la liberté religieuse, témoin et garante du respect de toute autre liberté ». Ils ont souligné leur responsabilité, « tout en demeurant ouverts aux autres religions et à leur contribution à la culture », d’unir leurs efforts « pour préserver les racines les racines, les traditions et les valeurs chrétiennes, pour assurer le respect de l’histoire, ainsi que pour contribuer à la culture de la future Europe ».

Dialogue

Au moment où l’Union européenne demande à Ankara plus de garanties sur la question Chypriote avant l’entrée de la Turquie en Europe, le pape et le patriarche orthodoxe invitent ainsi Bruxelles à être plus attentive à la thématique de la liberté des minorités religieuses. Des propos tenus dans un pays à 98 % musulman où les minorités religieuses sont victimes de discrimination administrative.

Benoît XVI et Bartholomé Ier ont également souhaité, ensemble, une « annonce renouvelée et puissante de l’Evangile » en regrettant « la montée de la sécularisation, du relativisme, voire du nihilisme, surtout dans le monde occidental ».

La déclaration s’est aussi attardée sur « les difficultés » auxquelles doivent faire face les chrétiens, « en particulier la pauvreté, les guerres et le terrorisme, mais également les diverses formes d’exploitation des pauvres, des émigrés, des femmes et des enfants ». « Catholiques et orthodoxes sont appelés à entreprendre ensemble une action en faveur du respect des droits de l’homme », a précisé la déclaration, indiquant aussi que « tuer des innocents au nom de Dieu » était « une offense envers lui et envers la dignité humaine ».

Le patriarche et le pape ont aussi affirmé avoir « à coeur la paix au Proche-Orient (.) où vivent, depuis tant de siècles, une multitude de frères chrétiens », désirant « ardemment que soit rétablie la paix sur cette terre, que se renforce la coexistence cordiale entre ses diverses populations, entre les Eglises et entre les différentes religions qui s’y trouvent ». « Pour cela, ont-ils souhaité, nous encourageons l’établissement de rapports plus étroits entre les chrétiens et d’un dialogue interreligieux authentique et loyal, en vue de lutter contre toute forme de violence et de discrimination ».

« Devant les grands dangers concernant l’environnement naturel », Benoît XVI et Bartholomé Ier ont voulu exprimer leur « souci face aux conséquences négatives pour l’humanité et pour la création tout entière qui peuvent résulter d’un progrès économique et technologique qui ne reconnaît pas ses limites ». « En tant que chefs religieux, nous considérons comme un de nos devoirs d’encourager et de soutenir tous les efforts qui sont faits pour protéger la création de Dieu et pour laisser aux générations futures une terre dans laquelle elles pourront vivre », ont-il soutenu.

Un encouragement

Dans leur déclaration en français, les deux hommes ont également évoqué les rencontres de leurs prédécesseurs. Ils ont souligné « l’acte solennel (en 1965, ndlr) reléguant dans l’oubli les anciens anathèmes qui, durant des siècles, ont affecté de manière négative les rapports entre catholiques et orthodoxes ». Ils ont en outre salué la récente reprise du dialogue théologique entre leurs deux confessions, en septembre dernier, à Belgrade (Serbie) et se sont engagés à poursuivre la résolution « des principales questions controversées ».

Ils ont enfin souhaité que leur rencontre soit « un signe d’encouragement » dans les relations entre les fidèles de leurs deux Eglises. « L’Esprit saint nous aidera à préparer le grand jour du rétablissement de la pleine unité, quand et comme Dieu le voudra », ont-ils assuré.

Après avoir chacun signé cette déclaration commune, le pape et le patriarche devaient déjeuner ensemble au Phanar, le siège du patriarcat de Constantinople, en compagnie de la suite pontificale. Le pape et le patriarche de Constantinople s’étaient auparavant tenus sur un balcon du patriarcat, se tenant la main, pour bénir et saluer les fidèles rassemblés devant l’église Saint-Georges. C’est là que Benoît XVI avait assisté auparavant à une longue liturgie orthodoxe présidée par Bartholomé Ier.

Dans l’après-midi, Benoît XVI doit visiter le musée Sainte-Sophie, ancienne basilique chrétienne ensuite transformée en mosquée. Le pape doit en outre effectuer sa première visite dans un lieu de culte musulman, la Mosquée bleue d’Istanbul, dans un quartier entièrement bouclé par la police. (apic/imedia/ami/pr)

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