Des évêques séquestrés en vue de la cérémonie
Hong Kong, 1er décembre 2006 (Apic) L’ordination épiscopale du Père Wang Renlei, jeudi 30 novembre dans la localité de Xuzhou, en Chine, a été qualifiée d’ »indécente » et d’ »ahurissante » par l’évêque de Hong Kong, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun. Le nouvel évêque a été désigné sans l’accord du Vatican par les instances de l »’Eglise patriotique » chinoise.
Dans une interview à l’agence de presse catholique italienne AsiaNews, le cardinal Zen dénonce les méthodes « stupéfiantes, quasi inimaginables » utilisées à cette occasion par l’Association patriotique des catholiques de Chine (APCC) et le Bureau des Affaires Religieuses (BAR) du gouvernement. Usant non seulement de promesses et de menaces, les organisateurs de la cérémonie ont même « enlevé » deux évêques pour les forcer à participer, selon AsiaNews. Et pour cela, « ils ont cherché à donner la faute à la minuscule Eglise locale, guidée par un évêque de 94 ans ».
Mgr Zen qualifie cette ordination épiscopale d’illicite et regrette qu’elle couvre la Chine de ridicule et offense les fidèles, « minant le bien de la nation elle-même ». L’évêque chinois lance un appel au gouvernement central à Pékin afin qu’en vertu « du concept d’harmonie sociale tant proclamé », il s’engage dans des « discussions substantielles » avec le Saint Siège.
Des instances acharnées dans leur volonté de détruire l’unité de l’Eglise
Pour organiser la cérémonie, l’APCC et le BAR sont parvenus à séquestrer deux évêques, Mgr Li Liangui, évêque de Cangzhou (Xianxian), et Mgr Pierre Feng Xinmao, qui aurait dû donner une sorte de caractère officiel à la cérémonie. L’évêque de Hong Kong a déploré le fait que les instances responsables de ce coup se montrent acharnées dans leur volonté de détruire l’unité de l’Eglise, « sous prétexte de la servir ». Il rappelle l’avertissement « très sérieux » qui avait été lancé en avril dernier, soulignant qu’il s’agit ici de « choses graves pour lesquelles sont prévues de lourdes sanctions canoniques ».
Les 28 avril et le 3 mai derniers, les ordinations du Père Joseph Ma Yinglin et du Père Joseph Liu Xinhong avaient suscité une vive réaction du Vatican. Le Saint-Siège avait officiellement dénoncé le 4 mai « la violation de la liberté religieuse » en Chine, suite à l’ordination de deux évêques catholiques sans son consentement. Dans une déclaration du directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls avait qualifié ces ordinations d’ »illégitimes », créant de nouveaux obstacles dans le dialogue entre Pékin et Rome. Après ces événements qualifiés de graves, Pékin avait pourtant invité une délégation du Saint Siège et promis de ne plus favoriser de telles ordinations illicites. (apic/asian/be)
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