Le 11 février on saura si une législation très stricte sera remplacée

Portugal: Le pays vote sur l’interruption de grossesse

Lisbonne, 1er décembre 2006 (Apic) Le Portugal votera sur la question de l’interruption volontaire de grossesse le 11 février. Le pays a la loi la plus restrictive d’Europe en matière d’avortement.

Le gouvernement portugais a fixé la date pour la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse au 11 février. Le débat fait rage au Portugal, pays dont la loi est l’une des plus rigides. Elle ne prévoit l’interruption de grossesse (IVG) qu’en cas de viol, de malformation foetale où si la vie de la femme est en danger.

Les organisations portugaises favorables à l’IVG avancent le chiffre de 10’000 femmes nécessitant chaque année un traitement médical suite aux conséquences parfois graves de pratiques abortives de toute sorte. L’Eglise catholique romaine et les chrétiens démocrates ont décidé de faire campagne contre la Loi.

La justice est pourtant en proie à des contradictions flagrantes dans l’application de la Loi. Ainsi, en février 2004, à Aveiro, dans le nord du Portugal, 17 personnes, femmes, compagnons, et médecin étaient accusées d’avortement illégal. Comme c’était le cas déjà lors du procès de janvier 2002 à Maia, il s’agissait de femmes d’un milieu très modeste. Les Portugaises qui le peuvent font un voyage en Espagne pour interrompre une grossesse non désirée.

Médecin condamné à près de 4 ans de prison, en 2006

Le 17 février, les inculpés avaient été acquittés par le tribunal d’Aveiro. Mais le 5 juillet 2006, la sentence à été révoquée en deuxième instance. Le médecin a été condamné à 3 ans et 8 mois de prison, une employée de sa clinique à 16 mois avec sursis et trois femmes à l’emprisonnement pour 6 mois avec sursis.

En Suisse, une femme sur cinq en moyenne interrompt une grossesse au cours de sa vie. Mais la proportion des femmes de nationalité étrangère parmi elles est estimée à près de 50 pourcent. Surreprésentation notable puisque la population féminine étrangère en âge de procréation représente environ 25% de cette catégorie de femmes. Ces données ont été établies sur la base des chiffres disponibles dans 16 cantons, Dans le canton de Neuchâtel les femmes qui ont eu une interruption de grossesse provenaient de 34 pays. Les plus représentées dans ces statistiques sont les migrantes en provenance des Balkans et d’Europe orientale, du Portugal, d’Afrique, d’Amérique du Sud. Le taux d’avortement des étrangères est d’environ 13 pour 1’000 femmes en âge de procréer, et de 4 pour 1’000 pour les Suissesses de souche ou naturalisées.

Pour l’Union suisse pour décriminaliser l’avortement (USPDA) né né pour cette cause même avant la votation populaire de 2002, la pratique contraceptive est beaucoup moins efficace dans ces groupes de population.

Après l’acceptation du régime du délai en votation populaire, l’USPDA avait décidé de se dissoudre fin 2003. Elle indiquait aussi en 2003 que la Suisse a le taux d’avortement le plus bas d’Europe. Plus de 40 pourcents des IVG se font par la méthode médicamenteuse (Mifégyne/RU 486). (apic/bbcnews/uspda/vb)

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