Le président de la Conférence épiscopale turque l’affirme

Turquie: Propos du pape lors de sa visite apostolique détournés à des fins politiques

Ankara/Rome, 5 décembre 2006 (Apic) Certains propos du pape Benoît XVI lors de sa visite apostolique en Turquie auraient été détournés à des fins politiques. Le président de la Conférence épiscopale turque, Mgr Ruggero Franceschini, a en effet déclaré que certaines personnes avaient affirmé à des fins politiques « des choses que Benoît XVI n’avait pas dites ».

Mgr Franceschini a fait ses déclarations le 4 décembre 2006 dans une interview accordée à l’agence AsiaNews pour établir le bilan du voyage apostolique du pape en Turquie, du 28 novembre au 1er décembre 2006. Par ailleurs, Vsevolod Chaplin, directeur adjoint du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a qualifié le voyage de Benoît XVI d’ »important » pour le dialogue oecuménique.

Après avoir confié que les chrétiens de Turquie avaient été « réveillés par le pape », le président de la Conférence épiscopale du pays a longuement insisté sur l’attitude des autorités civiles. Pour Mgr Franceschini, « certains – avec une intention politique évidente – ont cherché à gagner l’appui et la sympathie du pape », au point même « d’affirmer des choses que Benoît XVI n’avait pas dites », a-t-il ajouté.

Ainsi, par exemple, en sortant de son entretien avec le pape à Ankara, le Premier ministre turc Recep Tayyp Erdogan avait assuré que Benoît XVI voulait que la Turquie fasse partie de l’Union européenne. Les propos du pape avaient ensuite été nuancés par le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège qui indiquait que Benoît XVI encourageait le chemin de dialogue, de rapprochement et d’insertion de la Turquie en Europe, sur la base de valeurs et de principes communs.

Les autorités turques ont montré du respect et de l’estime

Le président de la Conférence épiscopale turque n’a pas manqué de saluer les autorités religieuses qui « ont aussi montré du respect et de l’estime ». L’évêque a notamment insisté sur l’attitude du Mufti d’Istanbul, Mustapha Cagrici. Il a été « le plus chaleureux et le plus affectueux lorsqu’il a accueilli Benoît XVI dans la Mosquée bleue avec une telle simplicité et sympathie ». Selon le prélat, « ce n’est pas par hasard qu’ils se sont offert le même symbole : une colombe, symbole de la paix ».

Quant au président du Département des affaires religieuses, selon Mgr Franceschini, il a « stupéfié les gens ». Rappelant ses mots durs après le discours de Ratisbonne, le prélat a loué le courage qu’avait montré Ali Bardakoglu pour dire le besoin de travailler ensemble pour la paix et le dialogue, en oubliant le passé.

Par ailleurs, dans un entretien à la presse russe, Vsevolod Chaplin, directeur adjoint du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a pour sa part déclaré que le voyage du pape en Turquie avait été indiscutablement important pour la compréhension mutuelle entre chrétiens et musulmans, pour le développement des relations de la Turquie avec l’Europe occidentale et pour le dialogue entre orthodoxes et catholiques.

A propos de la signature de la déclaration commune, le 30 novembre 2006, entre Bartholomé Ier et Benoît XVI, Vsevolod Chaplin a souligné que le document contenait « beaucoup d’idées correctes sur le développement du dialogue et la coopération entre orthodoxes et catholiques ». Il a ajouté qu’il espérait que celles-ci seront définies de manière spécifique dans le processus des relations entre le Vatican et chacune des Eglises orthodoxes locales ».

En outre, dans une interview accordée à Radio Vatican, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, a annoncé que Benoît XVI et Bartholomé Ier pourraient ouvrir ensemble la prochaine session de travail de la Commission théologique mixte entre catholiques et orthodoxes qui se déroulera à Ravenne (Italie) dans les premiers mois de 2007. Cette proposition avait été faite à Benoît XVI par le patriarche oecuménique de Constantinople, Bartholomé Ier, au moment de la visite du pape à Istanbul. Le pape s’y rendra en fonction des disponibilités de son agenda. (apic/imedia/pad/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/turquie-propos-du-pape-lors-de-sa-visite-apostolique-detournes-a-des-fins-politiques/