France: Mgr Barbarin envisage un voyage à Tibhirine avec un responsable musulman
Lyon, 6 décembre 2006 (Apic) L’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, a fait état mardi d’un projet de voyage au monastère de Tibhirine (sud d’Alger) où sept moines trappistes ont été assassinés il y a dix ans en pleine guerre entre islamistes radicaux et forces de sécurité.
Ce voyage, qui pourrait avoir lieu en février et dont les préparatifs ne sont pas achevés, s’effectuerait à l’invitation et en compagnie du président du Conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes, Azzedine Gaci, a-t-il précisé devant l’Association des journalistes d’information religieuse (Ajir).
A propos de la polémique autour du Téléthon, le primat des Gaules a tenu à rappeler d’abord combien il se félicitait de l’ampleur de la mobilisation sociale contre le handicap (la mucoviscidose) que cette opération médiatique suscite. Pour autant, le cardinal de Lyon estime que l’Eglise est fondée à porter le débat sur l’utilisation des fonds ainsi collectés. Or, de l’aveu même de la présidente du Téléthon, 1,5 % de ceux-ci (soit 104 millions d’euros collectés en 2005) part à la recherche sur les embryons. Recherche que l’Eglise catholique a toujours condamnée, arguant que l’embryon humain n’est pas une chose.
A propos du motu proprio sur la messe selon le rite de saint Pie V, le cardinal de Lyon a admis que celui-ci avait beaucoup agité l’Eglise de France. « Mais, souligne-t- il, à; défaut d’avoir lu le texte, je ne puis en parler. A priori je suis tranquille. Le pape est assez sage pour ne pas prendre de décisions qui mettraient le feu aux poudres. » Et d’admettre que l’affaire de la réconciliation avec les Lefevristes était au fond une affaire très franco-française, comme le font remarquer les observateurs étrangers.
Problématique
La remise en cause de Vatican II par certains membres de la Fraternité saint Pie V n’est-elle pas problématique? Mgr Barbarin convient que c’est la partie la plus délicate du débat noué par Rome avec ces dissidents. Il souligne que, contrairement à ce qu’ils soutiennent, ce concile n’a pas été un concile dogmatique. Illustration avec la question de la liberté religieuse.
De la liberté religieuse au dialogue interreligieux, il n’y a qu’un pas. Le primat des Gaules se félicite que Benoît XVI ait su réparer lors de son voyage en Turquie les dégâts provoqués par la polémique de Ratisbonne. Sans toutefois baisser pavillon sur sa demande de reconnaissance de la liberté religieuse par l’islam. (apic/jcn/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse