Angleterre: La crèche de Bethléem remplacée par une réplique du Mur de séparation
Londres, 14 décembre 2006 (Apic) Un prêtre du diocèse catholique anglais d’East Anglia a décidé de remplacer la traditionnelle crèche vivante par une réplique du Mur israélien, qui enferme désormais Bethléem, la ville qui vu naître le Christ, derrière une haute muraille de séparation.
Chaque année, durant la période de l’Avent, des centaines de personnes viennent admirer la crèche vivante de l’église catholique du Sacré-Coeur à St-Ives, dans le comté de Cambridge. Mais cette fois-ci, les spectateurs seront confrontés à une réalité plus prosaïque et plus cruelle: l’occupation israélienne des territoires palestiniens.
Le curé de la paroisse, le Père Paul Maddison, a décidé de renoncer à la belle image traditionnelle de la crèche vivante avec ses moutons, son âne et son boeuf, ses acteurs qui amènent un nouveau né pour figurer l’enfant Jésus. En signe de protestation contre les conditions de vie infrahumaines imposées aux habitants de cette petite ville aux portes de Jérusalem. C’est ainsi que les visiteurs sont désormais confrontés à la sombre vision d’une portion du Mur d’une dizaine de mètres de haut qui encercle la ville sainte depuis quelques années.
Le Mur figuré dans l’église est flanqué de pancartes de protestation et de photographies crues montrant combien la situation est «désespérée et moche en Terre Sainte», relève le curé du Sacré-Coeur. Sa paroisse lance un appel aux fidèles afin qu’ils soutiennent leurs frères chrétiens qui vivent dans les territoires occupés et en Israël. Elle organise depuis plusieurs années des pèlerinages en Terre Sainte et cherche à développer la solidarité avec les chrétiens de la région qui vu naître le Christ, qui se sentent abandonnés par les chrétiens occidentaux et qui sont de plus en plus tentés par l’émigration.
La paroisse du Sacré-Coeur à St-Ives rappelle que le taux de chômage dans les territoires palestiniens est de plus de 70%, tandis que les services publics (écoles, services de santé, etc.) sont au bord de l’asphyxie, et que la mortalité est en hausse pour ces raisons. Ainsi déjà un enfant sur cinq est anémique de façon chronique, ce qui provoque de graves atteintes au développement. Nombre de familles n’ont plus les moyens de payer les taxes scolaires, ce qui fait que beaucoup d’enfants ne fréquentent plus l’école. Les Nations Unies ont reconnu que la malnutrition des enfants en Terre Sainte est un problème aussi sérieux qu’au Congo ou au Zimbabwe, note la paroisse de St-Ives. (apic/cns/be)
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