Des « courants dominants » voudraient faire chuter l’Eglise
Rome, 15 décembre 2006 (Apic) L’archevêque d’Athènes Christodoulos a dressé un sombre tableau des « courants dominants », essentiellement en Europe, qui voudraient faire chuter l’Eglise et ses convictions. Le primat orthodoxe est intervenu à Rome lors d’une cérémonie où il s’est vu remettre le 15 décembre le titre de docteur honoris causa de l’Université pontificale du Latran.
Dans son intervention, l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce a pointé « les problèmes auxquels l’Eglise est déjà confrontée et qui vont bientôt menacer les ouailles aussi bien en Grèce qu’en Europe ». « Les courants dominants actuels se caractérisent par le renforcement des conceptions et des pratiques menant à une éradication du monde spirituel édifié par l’Eglise », a-t-il constaté, affirmant voir « des forces travaillant rapidement et méthodiquement pour expulser l’Eglise de la vie de l’homme européen ». Ceci, selon le religieux orthodoxe, est « la finalité principale de ces courants ».
« Par tous les moyens et au nom de la science, on procède à la désacralisation de la vie », a regretté le primat de l’Eglise orthodoxe, dénonçant le développement « des méthodes d’intervention sur les gênes et tout ce qui compose la singularité de l’homme ». Selon Christodoulos, par ailleurs, la science « cherche des moyens d’intervenir sur le cerveau pour altérer la conscience » entraînant ainsi une « abolition de la vie privée par la technologie » ainsi que « la légalisation de la surveillance de chaque être humain ».
L’archevêque Christodoulos a ensuite déploré que l’ »on cherche à ériger les droits de l’homme en nouvelle religion » accusant ces courants d’avoir pour cible « clairement et uniquement l’Eglise » et ajoutant que « le foyer de résistance à ces procédés » était « le monde européen ».
Les forces du monde veulent ôter la cohésion spirituelle
« L’homme européen est enfant de l’Eglise », a ajouté l’archevêque d’Athènes, expliquant que « les forces du monde » qui voulaient « transformer la société en un ensemble ordonné sans cohésion spirituelle », se heurtaient « à une grande résistance en Europe ». Pour Christodoulos, ces « forces » veulent « marginaliser l’Eglise » pour « ôter au droit son fondement moral », mais aussi « pour arracher l’éducation du sein de la foi chrétienne, de sorte à anéantir tous les éléments composant l’identité de l’homme européen ».
Le chef de l’Eglise orthodoxe grecque a averti que « ce serait un péché très grave que de laisser la civilisation européenne devenir étrangère, sinon hostile, à l’Eglise ». Selon lui, « faire disparaître l’Eglise du coeur de l’Européen » équivaudrait à « le priver de sa richesse spirituelle, à rétrécir son coeur, à assujettir l’homme à ses droits ».
Vers une société relativiste et syncrétiste
Christodoulos a ainsi évoqué les « énormes pressions » exercées sur l’Eglise « pour la contraindre à adapter son discours aux exigences des puissances de ce monde ». Ces pressions voudraient, selon lui, la faire « acquiescer à l’abolition du péché qui ne sied plus au choix personnel de comportement moral ». « Pour respecter les droits religieux de tout le monde » a ajouté l’archevêque, l’Eglise serait pressée « de partager sa place avec toutes les religions, les hérésies, voire avec les cultes néfastes et jusqu’au satanisme flagrant ». L’Eglise devrait se contraindre à « cesser de s’exprimer contre l’avortement pour ne pas créer de problème de surpopulation menaçant l’équilibre écologique de la planète » s’est indigné le haut prélat. Ces « pressions » encourageraient aussi l’Eglise, a-t-il poursuivi, à « cesser de soutenir la famille patriarcale et à laisser les gens former des familles selon leurs préférences sexuelles ». Enfin, on voudrait que l’Eglise se retire « de l’éducation et de la culture » pour « laisser exclusivement ces questions entre les mains de l’Etat et des intérêts privés » a conclu Christodoulos, ajoutant que ces « concessions » faciliteraient « l’instauration d’une société relativiste et syncrétiste ».
Arrivé à Rome le 13 décembre, l’archevêque d’Athènes a rencontré Benoît XVI le lendemain. Le 15 décembre, avant de recevoir le titre de docteur honoris causa en doit civil et canonique, il a visité l’église de Saint-Théodore grand martyr, affectée à la communauté greco-orthodoxe de Rome et la basilique Saint-Clément afin de se recueillir sur la tombe de saint Cyrille. Dans l’après-midi, il devait encore se rendre à la basilique Sainte-Marie majeure puis en pèlerinage aux catacombes de Sainte-Priscille. Il quittera Rome le 16 décembre, après une visite au Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et à la Bibliothèque apostolique vaticane. (apic/imedia/ami/pad/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse