«Les exclus sont des bergers»
Genève, 21 décembre 2006 (Apic) Le pasteur Samuel Kobia Secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises revient sur l’Assemblée du COE à Porto Alegre et exprime sa solidarité avec les peuples en guerre et les Eglises dans les pays de la planète en crise
Se référant à l’Evangile de Luc (Luc 2,10), le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises rappelle que rappelle le récit de «l’armée céleste des anges annonçant la naissance de Jésus à des bergers, dans les champs non loin de Bethléem». C’est «en premier lieu à ces gens, qui dormaient à la dure avec les animaux, que les anges de lumière, de joie et de beauté sont venus annoncer cette nouvelle effrayante, mais également grande et bonne: «Un sauveur est né… réjouissez-vous, réjouissez-vous! Alors les bergers ont quitté les collines et sont allés voir le nouveau-né, couché parmi les animaux, dans une étable.
Ange veut dire «messager»
Ensuite, nous dit Luc, «ils ont fait savoir à d’autres ce qu’ils avaient vu, et tous ceux qui les entendaient étaient étonnés, évidemment, car cette bonne nouvelle était apportée par des bergers, des gens tout à fait ordinaires; des bergers, que la société méprisait et excluait (.) Mais ces bergers avaient subi une transformation; ils étaient devenus des messagers, des ’anges’, car, à l’origine, ange veut dire ’messager’».
«Exclus par la société d’autrefois, les bergers de l’Evangile de Luc nous parlent à travers les siècles jusqu’à notre époque de tous ceux qui, dans nos sociétés actuelles, sont des exclus. (.) Ils ont communiqué la nouvelle, les gens de la ville ont entendu le message et ils ont su que les choses avaient changé… que la société d’avant, à Bethléem, et toute l’histoire humaine étaient transformées par la rencontre des bergers».
«Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce» tel était aussi le thème, rappelle Samuel Kobia, de l’Assemblée du COE, tenue en 2006 à Porto Alegre, au Brésil. «Venus du monde entier, des membres des 348 Eglises du COE ont raconté leur histoire, dans les plénières, au Mutirão, au café théologique, dans les groupes de musique, de danse, de rencontre et de prière», poursuit le secrétaire général du COE. L’Assemblée a écouté des histoires fortes, racontées par de nombreux messagers différents, commente-t-il. «On a entendu une présentation poignante de la situation tragique dans le nord de l’Ouganda. On a dit combien il était difficile autant qu’essentiel de protéger les enfants du fléau de la guerre. (.)
Samuel Kobia revient sur le voyage d’une délégation oecuménique au Liban, en Palestine et en Israël en août «pour exprimer notre solidarité aux Eglises et aux populations qui subissent les effets du conflit armé dans cette région».
Le COE continue à soutenir l’engagement à long terme des Eglises d’Afrique en faveur de la paix au Soudan, et à faire connaître aux autres Eglises membres et aux médias du monde entier la situation des populations de ce pays, notamment au Darfour.
«Lors de la récente réunion de notre Comité central à Genève, nous avons répété à quel point nous sommes préoccupés par les exécutions extrajudiciaires de responsables d’Eglises qui luttent pour la justice, aux Philippines». Alors, même si nous nous sentons exclus de la joie par notre chagrin, exclus du sens par notre doute, exclus de la fête par notre lassitude, exclus de l’engagement par nos richesses, exclus de l’intégration par notre différence, le message de Dieu (.) nous permet, même à nous, de devenir des anges.
Puis le secrétaire général du COE termine son message de Noël en citant en partie le message de l’Assemblée de Porto Alegre, «qui est également une prière». (apic/coe/vb)
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