Lors de la prière de l’Angélus

Rome: Benoît XVI rappelle la valeur sacrée de la personne humaine

Rome, 1er janvier 2007 (Apic) Benoît XVI a nouvellement invité au respect de la dignité humaine, lors de la première prière de l’Angélus de l’année, le 1er janvier 2007. Depuis la fenêtre de ses appartements, place Saint-Pierre, le pape a aussi réclamé la protection du droit de l’homme « à vivre et à professer librement sa propre religion ».

Revenant sur son Message pour la Journée mondiale de la paix 2007 axé sur la personne humaine, le pape a indiqué que l’on parle beaucoup aujourd’hui de droits de l’homme mais l’on oublie souvent que ceux-ci ont besoin d’un fondement « solide non relatif, non discutable ». Ce fondement, a expliqué Benoît XVI, ne peut être que la dignité de la personne.

« Le respect de cette dignité, a-t-il ajouté, commence par la reconnaissance et la protection de son droit à vivre et à professer librement sa propre religion ». Adressant ses prières à la sainte mère de Dieu, il a demandé qu’elle développe dans les consciences le respect sacré de toute personne humaine et la répudiation ferme de la guerre et de la violence. Il a demandé à la Vierge Marie que le monde accueille le Christ, « don de la paix », et que les hommes soient « des constructeurs de paix sincères et courageux ».

Le pape a ensuite salué les très nombreux participants à la marche pacifique organisée par la communauté italienne Sant’Egidio. Le pape a aussi rappelé que c’est son prédécesseur Paul VI (1963-1978) qui avait souhaité que l’année s’ouvre sous la protection de la Vierge Marie, la mère du Christ. C’est aussi Paul VI, a indiqué Benoît XVI, qui avait institué la Journée mondiale de la paix le 1er janvier afin que « chaque nouvelle année commence dans la lumière du Christ, le grand pacificateur de l’humanité ».

Le pape a alors renouvelé, depuis la fenêtre de ses appartements, place Saint-Pierre, ses voeux de paix aux gouvernants et aux responsables des nations et des organismes internationaux et à tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Lors de la messe célébrée auparavant dans la basilique Saint-Pierre à l’occasion de la fête solennelle de Marie et de la 50e Journée mondiale de la paix, le pape avait invité les membres de la communauté internationale à « oeuvrer ensemble pour la paix » dans le respect de la dignité de la personne humaine, en priorité en Terre sainte. AMI/JB

Encadré

Le Vatican a sévèrement critiqué l’exécution de Saddam Hussein

Le Vatican a par ailleurs qualifié samedi l’exécution de Saddam Hussein de « nouvelle tragique », estimant que la mise à mort d’un coupable n’est pas la voie pour reconstruire la justice et réconcilier la société. Le Père Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, réagissant à la pendaison de l’ex-dictateur irakien, a relevé que l’Eglise catholique est opposée à la peine de mort en toutes circonstances. Il a souligné que cette exécution, qui est contraire à la loi divine selon le cardinal français Paul Poupard, président du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux, risque d’alimenter la vengeance et de semer de nouvelles violences.

Le Saint-Siège avait déjà condamné jeudi l’annonce de l’exécution de Saddam Hussein. Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix, avait en effet estimé que la mise à mort de l’ancien président irakien ne ferait que « compenser un crime par un autre crime ». Dans le quotidien italien « La Repubblica », il avait relevé que l’Eglise proclame que la vie humaine doit être protégée « de la conception à la mort naturelle ».

Sur les ondes de Radio Vatican, il a insisté sur le fait que cette attitude concerne également l’avortement, la recherche sur l’embryon, l’euthanasie et la peine de mort. A Bagdad, l’archevêque syrien-catholique, Mgr Athanase Matti Shaba Matoka, a déclaré à l’agence missionnaire « Misna », basée à Rome, qu’il avait la même attitude que le Saint-Père, car « la religion chrétienne est contre la peine de mort, car l’âme de l’homme est entre les mains de Dieu ». « Malheureusement, il y a des lois humaines contre lesquelles nous ne pouvons rien faire et c’est arrivé », a-t-il déploré en se référant à l’exécution de l’ancien dictateur irakien, reconnu coupable lors du premier procès conclu contre lui du massacre de 148 chiites en 1982.

Menaces toujours plus précises contre les chrétiens d’Irak

« Vous connaissez la situation que vivent les Irakiens ces dernières années, notre pays est martyrisé, les gens vivent au quotidien dans un climat de peur et de malaise », a poursuivi l’archevêque. Mgr Matti Shaba Matoka a souligné la condition dramatique de la petite minorité chrétienne irakienne, « contrainte à la fuite ». Selon le nonce apostolique en Irak, Mgr Francis Assisi Chullikat, d’après une récente estimation, plus de 40% des personnes qui fuient l’Irak sont des chrétiens. « Ils vont en Syrie, en Jordanie, au Liban, dans les pays occidentaux. Cet exode silencieux inquiète beaucoup le pape et l’Eglise locale », a-t-il déclaré à Radio Vatican.

Le nonce a également précisé que le texte de la nouvelle Constitution irakienne était plein d’équivoques, notamment sur le thème de la liberté religieuse. « La révision de plusieurs articles est en cours, nous espérons que le texte sera plus clair. Pour sa part, l’Eglise fera tout son possible », a-t-il conclu. De son côté, le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE) à Genève, a également qualifié de « grande tragédie » le fait d’ôter la vie à une personne malgré le fait qu’elle soit responsable de ses crimes, rappelant que le COE est opposé à la peine de mort. (apic/imedia/ami/misna/kna/be)

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