Russie: La mort d’un prêtre dans un incendie met en lumière les difficultés du clergé rural
Moscou, 2 janvier 2007 (Apic) La mort d’un prêtre de village, de sa femme et de ses trois jeunes enfants dans un mystérieux incendie a mis en lumière les difficultés auxquelles le clergé orthodoxe russe est confronté dans les campagnes. Dans les localités situées à l’extérieur de la bulle de richesse et de pouvoir qu’est Moscou, la situation est souvent dramatique.
La population suppose que les auteurs de l’incendie qui a dévasté sa maison sont des villageois exaspérés par la bataille menée par le Père Andreï Nikolaïev contre l’alcoolisme, un fléau qui ravage les campagnes russes, à moins qu’il ne s’agisse de voleurs qui cherchaient à s’emparer des quelques trésors de son église. Le drame a eu lieu à Priamoukhino, village typique pauvre de la région de Tver, situé à quelques heures de route de Moscou. L’église du village faisait partie autrefois du domaine familial de l’anarchiste du XIXe siècle Mikhaïl Bakounine.
Selon les autorités en charge au niveau national, il est probable qu’il s’agisse d’un incendie criminel. La police a déclaré qu’elle n’écartait aucun scénario. L’Eglise russe a cependant été bouleversée par la tragédie. La nouvelle s’est répandue sur les blogs orthodoxes avant d’être rapportée par les grands médias, qui en ont fait leurs gros titres.
Le clergé en première ligne pour la renaissance des villages russes
«S’il s’agit effectivement d’un incendie criminel, cela témoigne de la barbarie morale de ceux qui l’ont déclenché», a déclaré à l’agence de presse Itar-Tass le Père Mikhaïl Prokopenko, un porte-parole du Patriarcat de Moscou. «Le clergé rural est en première ligne de la bataille pour la renaissance des villages russes.»
Avant sa mort, le prêtre avait demandé à être protégé des voleurs. La famille avait déjà perdu son précédent domicile dans les flammes. Selon le Père Nikolaïev, travailler dans le village, c’était «comme être en guerre». «Des mesures plus importantes doivent être prises par les autorités et par le gouvernement», a expliqué à la correspondante de l’agence de presse oecuménique ENI Arkady Nebolsine, un défenseur du patrimoine architectural. Il s’occupait d’une collecte de fonds pour l’organisation «Eglise de village», qui contribue à la restauration les lieux de culte. Les églises de campagne abandonnées ou mal gardées sont extrêmement vulnérables, a-t-il affirmé.
En octobre, le Père Nikolaïev avait fait une apparition dans «Rue de votre destin», une émission télévisée sur l’héroïsme des gens normaux. «J’ai peur pour ma famille, mais tout dépend de la volonté de Dieu», avait-il déclaré lors de l’émission. «Je veux porter ma croix jusqu’à la fin. Je ne dois pas abandonner». (apic/eni/be)
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