Suisse: Mgr Amédée Grab, président sortant de la Conférence des évêques suisses
Zurich, 3 janvier 2007 (Apic) La société peut tout à fait bien vivre sans l’Eglise. Cette réalité, Mgr Amédée Grab, président sortant de la Conférence des évêques suisses (CES), la qualifie de problème le plus urgent auquel doit faire face l’Eglise en Suisse. C’est l’évêque de Bâle, Mgr Kurt Koch, qui a repris la présidence de la CES au 1er janvier de cette année.
La transmission de la foi est le premier souci d’un évêque, a estimé Mgr Grab dans une interview accordée au quotidien zurichois « Tages-Anzeiger ». Il n’y a pas que le manque de prêtres, mais également un manque toujours plus grand de fidèles, a estimé l’évêque de Coire. En ce qui concerne la prédication des laïcs et la direction d’une paroisse par des théologiennes et des théologiens non ordonnés, les évêques membres de la CES ont présenté la position de la Suisse lors de leurs visite « ad limina » à Rome en novembre dernier. « On attend maintenant la réponse », souligne Mgr Grab.
L’évêque de Coire reconnaît qu’il n’est pas possible que l’Eglise en Suisse suive des voies que Rome refuserait totalement, mais à ses yeux, il ne faut pas que dans le monde entier la pastorale soit réglée partout de la même manière. Ainsi pour le sacrement de la réconciliation, les cérémonies pénitentielles ne sont pas en contradiction avec la confession individuelle. « Il y a de nombreux chemins pour la pénitence », admet-il.
La peur est mauvaise conseillère
Mgr Grab a l’impression qu’une certaine aversion envers l’islam trouve ses fondements dans la peur, « comme si les musulmans nous étaient hostiles et n’attendaient qu’une occasion pour nous attaquer ». L’évêque de Coire estime cette attitude totalement absurde, mais cela vient d’une certaine peur face à l’étranger, relève-t-il.
Citant le pape Benoît XVI, il estime que les musulmans n’ont pas peur des chrétiens. Ils seraient plutôt décontenancés parce qu’ils rencontrent des gens qui ne croient à rien. A ses yeux, la liberté religieuse, que l’Eglise considère comme un droit fondamental, dispose que l’on ait le droit de pratiquer sa foi en communauté. Pour les musulmans, un minaret en fait partie, dit-il.
L’acceptation de sa démission peut arriver n’importe quel jour
Mgr Grab a remis sa démission à Rome il y a deux ans déjà, lorsqu’il a atteint l’âge de 75 ans, comme le prévoit le droit canonique. L’acceptation de sa démission peut maintenant arriver n’importe quel jour, relève-t-il. Mais ensuite, étant donné le mode d’élection de l’évêque de Coire, la procédure qui se met en marche pourrait durer quelques mois. Après les longues polémiques qui avaient amené le départ de Mgr Wolfgang Haas, son prédécesseur sur le siège de Coire, Mgr Grab s’est efforcé de rapprocher les divers groupes en cause.
L’évêque de Coire n’est pas favorable à l’idée d’un diocèse de Zurich, mais il pourrait cependant se faire à l’idée d’une double dénomination, à savoir « Coire-Zurich ». Mgr Grab pense également que l’on pourrait instaurer à Zurich une « con-cathédrale » (à côté de Coire, elle disposerait conjointement d’une cathedra, le siège de l’évêque). Il pourrait s’agir dans ce cas de la Liebfrauenkirche ou de l’église St-Pierre et Paul.
Il n’y a par contre aucune garantie que Zurich ait toujours un évêque auxiliaire, « ce n’est pas possible du point de vue canonique ». « Pourtant, confie-t-il, c’est certainement le voeu de tout évêque de Coire qu’il y en ait un en raison de la grande importance de la Zurich catholique ». (apic/gs/be)
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