Liban: L’Assemblée des évêques maronites pour la formation d’un gouvernement «neutre»

Les sit-in au centre-ville causent d’énormes pertes économiques

Beyrouth, 4 janvier 2007 (Apic) L’Assemblée des évêques maronites, constatant la paralysie des institutions, a appelé mercredi les responsables politiques, à défaut d’un gouvernement d’union nationale, de mettre sur pied un gouvernement «neutre».

A l’issue de sa traditionnelle réunion mensuelle au siège du patriarcat maronite de Bkerké, près de Beyrouth, l’Assemblée a relevé que la plupart de ceux qui refusent la formation d’un tribunal international pour juger les assassins de Rafic Hariri sont des «non-Libanais». Elle leur a reproché de craindre pour leurs «intérêts».

Les sit-in et manifestations sans précédent qui paralysent le centre de Beyrouth depuis des semaines et la rupture totale du dialogue entre les adversaires politiques provoquent d’énormes pertes économiques, notent les évêques maronites. Les hôtels, restaurants et commerces qui se trouvent dans le centre de la capitale libanaise doivent faire face à une grave crise, qui les pousse à licencier des employés et à fermer des établissements.

«Il s’agit là d’une catastrophe considérable dans un pays qui ploie sous le poids d’une dette énorme», notent les évêques maronites. Les diverses formules gouvernementales qui circulent ne verront probablement pas le jour, en raison des difficultés inextricables auxquelles elles se heurtent, poursuivent-ils. Et de se demander si le Liban est condamné indéfiniment aux pertes qu’il subit ? «Sa maladie est-elle irrémissible ? Et ne se trouvera-t-il personne pour lui prescrire le remède qui lui permettra de se rétablir ?», lancent les évêques dans leur message. Ils pensent que le tribunal international qui devrait juger les assassins de Rafic Hariri est le point névralgique de la crise libanaise.

Les évêques maronites mentionnent un camp qui insiste pour que ce tribunal international soit enfin formé «afin qu’un terme soit mis à la série d’assassinats qui ont emporté la fine fleur de ses hommes politiques», tandis qu’ils désignent un autre camp, «dont les membres sont en majorité non libanais» et qui souhaite compromettre sa formation et passer outre, «de crainte que la vérité ne nuise à ses intérêts».

La paralysie des institutions constitutionnelles – présidence de la République, gouvernement et Parlement – qui s’accusent mutuellement d’illégitimité «exige qu’on recherche une autre solution partant des constantes maronites déjà posées, pour reconstituer une autorité qui sauverait le Liban des épreuves et revers qui le frappent». Ils espèrent ainsi que les Libanais «assistés par les hommes de bonne volonté» parviendront à rétablir la situation et «à ramener le Liban vers la stabilité, la souveraineté, l’indépendance et la paix qui ont jadis marqué sa vie nationale». (apic/orj/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/liban-l-assemblee-des-eveques-maronites-pour-la-formation-d-un-gouvernement-neutre/