Pologne: Collaboration avec le régime communiste du nouvel archevêque de Varsovie ?
Rome, 5 janvier 2007 (Apic) Radio Vatican a confirmé vendredi 5 janvier que le nouvel archevêque de Varsovie, Mgr Stanislaw Wielgus – accusé d’avoir collaboré avec la police secrète communiste – , prendrait « canoniquement possession de l’archevêché de Varsovie » le jour même.
L’entrée officielle de Mgr Wielgus dans la cathédrale Saint-Jean-Baptiste aura lieu dimanche prochain, 7 janvier, comme prévu, confirme Radio Vatican. La radio a par ailleurs rapporté les déclarations faites le 5 janvier par Mgr Wielgus, qui a rejeté toutes les accusations faites contre lui. De plusieurs côtés, des voix se sont faites entendre pour réclamer la démission de celui qui sera le numéro un de l’Eglise polonaise.
Le Bureau de presse du Saint-Siège n’a pas voulu commenter, le 5 janvier, les déclarations de la commission d’enquête de l’Eglise polonaise concernant le nouvel archevêque de Varsovie. Il n’a fait que renvoyer à sa déclaration du 21 décembre 2006, dans laquelle le Saint-Siège indiquait avoir « pris en compte toutes les circonstances de la vie » de Mgr Stanislaw Wielgus pour sa nomination à l’archevêché de Varsovie, le 6 décembre dernier. Le Saint-Siège affirmait également avoir « pleine confiance » en lui. L’archevêque, pour sa part, a rejeté ces accusations dans une longue déclaration reprise par Radio Vatican.
Le Saint-Siège, en décidant de la nomination du nouvel archevêque métropolite de Varsovie, a pris en compte le passé du nouvel archevêque. « Cela signifie que le pape nourrit une pleine confiance envers Mgr Stanislaw Wielgus et, qu’en pleine conscience, il lui a confié la mission de pasteur de l’archidiocèse de Varsovie », peut-on lire dans cette déclaration.
Dans son édition du 5 janvier 2007, Radio Vatican a simplement confirmé que le nouvel archevêque prendrait possession vendredi de l’archevêché de Varsovie. Radio Vatican a par ailleurs rapporté les déclarations faites le 5 janvier par Mgr Wielgus, qui a déclaré n’avoir effectué aucune mission d’espionnage.
« Je n’ai fait du mal à personne par mes paroles et mes actions », a ainsi déclaré le haut prélat polonais. « On m’a attribué différentes intentions et attitudes mauvaises envers l’Eglise. Cela est faux. Il n’y a aucune documentation pour prouver cela, outre les propos du fonctionnaire qui, à sa façon, a jugé ma personne et toute l’affaire ».
Des fausses informations ?
« Je ne veux pas me justifier », a encore souligné Mgr Wielgus dans une déclaration de 3 pages diffusée le 5 janvier. « Je sais que je ne devais avoir aucune relation avec les services du régime communiste en Pologne. Il me déplaît beaucoup d’avoir entrepris des voyages hors de la Pologne, dans lesquels se trouve le motif de ces contacts. Il me semblait, à l’époque, devoir continuer mes recherches scientifiques importantes, et acquérir une formation pour le bien de l’Eglise », a-t-il poursuivi.
Le nouvel archevêque a finalement souligné que dans le matériel trouvé à l’IPN (Institut de la Mémoire Nationale) se trouvaient de nombreuses fausses informations. Le prélat, âgé de 67 ans, a reconnu qu’il avait signé « sous la menace » un document concernant une collaboration avec les services de renseignements polonais en 1978, à la veille d’un voyage en Allemagne.
Plus de 10% des prêtres polonais ont collaboré avec la police secrète communiste, selon les estimations de l’Institut de la Mémoire Nationale qui est chargé d’enquêter sur les crimes nazis et communistes. L’Eglise a pourtant été la principale force d’opposition au régime communiste pendant 40 ans. Pour calmer la chasse aux prêtres collaborateurs, l’archevêque de Cracovie, Mgr Stanislaw Dziwisz, avait ordonné début mars 2006, la création d’une commission d’enquête. Plusieurs prélats connus ont récemment avoué leur collaboration avec la police secrète du régime communiste et s’en sont expliqués, en présentant leurs excuses. D’autres prêtres ont rejeté les accusations de collaboration.
La commission d’enquête a reconnu le 5 janvier que Mgr Wielgus avait collaboré avec la police secrète communiste. « Il existe de nombreux documents importants confirmant le fait que le Père Stanislaw Wielgus s’était déclaré prêt à collaborer, de façon consciente et secrète, avec les organes de sécurité communistes, et qu’il avait entamé cette collaboration », selon un communiqué de la commission. (apic/imedia/ar/be)
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