Attaques contre l’Eglise en Pologne dénoncées

Rome: Le Père Federico Lombardi justifie la démission de l’archevêque de Varsovie

Rome, 7 janvier 2007 (Apic) Rome ainsi que le cardinal Jozef Glemp, qui a dû remplacer dimanche Mgr Stanislaw Wielgus, son successeur démissionnaire au poste d’archevêque de Varsovie, ont pris ensemble la défense du prélat convaincu de collaboration avec l’ancienne police secrète communiste SB.

Le Père Federico Lombardi, directeur général de Radio Vatican et du Bureau de presse du Saint-Siège, a expliqué dimanche l’acceptation de la démission de Mgr Stanislaw Wielgus par Benoît XVI, le 7 janvier 2006. Dans une note diffusée par Radio Vatican, le jésuite a aussi dénoncé les attaques contre l’Eglise en Pologne.

Une «humble et touchante demande de pardon»

«Le comportement de Mgr Wielgus durant les années passées du régime communiste en Pologne a compromis gravement son autorité, aussi auprès des fidèles. C’est pourquoi, malgré son humble et touchante demande de pardon, la renonciation au siège de Varsovie et sa prompte acceptation de la part du pape est apparue comme une solution adéquate pour faire front à la situation de désorientation dont il résulte dans cette nation», a ainsi déclaré le Père Lombardi.

Il a reconnu que c’était un moment de grande souffrance pour une Eglise polonaise «à laquelle nous devons beaucoup et que nous aimons, qui a donné des pasteurs de la grandeur du cardinal Wyszynski et avant tout de Jean Paul II», a-t-il poursuivi. «L’Eglise universelle doit se sentir spirituellement solidaire avec l’Eglise qui est en Pologne et l’accompagner par la prière et l’encouragement pour qu’elle puisse retrouver rapidement sa sérénité».

En même temps, a ajouté le Père Lombardi, il faut bien observer que «le cas de Mgr Wielgus n’est pas le premier et probablement ne sera pas le dernier cas d’attaque contre des personnalités de l’Eglise sur la base de documents des services de l’ancien régime». Pour le responsable du Bureau de presse du Saint-Siège, ces archives représentent un matériel immense. Et quand on cherche à l’évaluer et à en tirer des conclusions dignes de foi, «il ne faut pas oublier qu’il a été produit par des fonctionnaires d’un régime oppressif et de chantage», a insisté le directeur général de Radio Vatican, qui dirige également le Bureau de presse du Vatican.

A ses yeux, à tant d’années de distance de la fin du régime communiste, alors que manque désormais la «grande et inattaquable figure du pape Jean Paul II», l’actuelle vague d’attaques contre l’Eglise catholique en Pologne est suspecte. Plus qu’une sincère recherche de transparence et de vérité, ces attaques présentent «de nombreux aspects d’une étrange alliance entre les persécuteurs d’un temps et d’autres de ses adversaires et d’une vengeance de la part de ceux, qui dans le passé, l’avaient persécutée et ont été défaits par la foi et par la volonté de liberté du peuple polonais».

«La vérité vous rendra libre, dit le Christ. L’Eglise n’a pas peur de la vérité et, pour être fidèles à leur Seigneur, ses membres doivent reconnaître leurs propres fautes. Nous souhaitons à l’Eglise de Pologne de savoir vivre et dépasser avec courage et lucidité cette période difficile, afin qu’elle puisse continuer à donner sa précieuse et extraordinaire contribution de foi et de d’élan évangélique à l’Eglise d’Europe et universelle», a conclu le Père Lombardi.

Le 7 janvier 2007, Benoît XVI a accepté la démission de Mgr Stanislaw Wielgus, convaincu de collaboration avec l’ex-police secrète communiste polonaise. Ce dimanche, il devait prendre solennellement possession de l’archidiocèse de Varsovie. Le cardinal Joseph Glemp, primat de Pologne dont il prenait la succession dans la capitale polonaise, a été nommé par le pape administrateur diocésain. «Un jugement s’est fait sur Mgr Wielgus, sur la base de bouts de papiers, de copies de copies (.) Il a été contraint à la collaboration par des chicanes», a déclaré dimanche Mgr Glemp dans son homélie prononcée dimanche à la cathédrale de Varsovie au cours d’une cérémonie qui aurait dû être à l’origine l’intronisation du nouvel archevêque. (apic/imedia/hy/be)

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