Large tour d’horizon de la situation internationale

Rome: Le pape a reçu le corps diplomatique

Rome, 8 janvier 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI a effectué un traditionnel tour d’horizon de la situation internationale dans son discours au corps diplomatique, le 8 janvier 2007. Lors de la cérémonie des voeux aux 175 ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège, réunis dans la salle royale du palais apostolique au Vatican, le pape a accordé une large place au continent africain et à «ses nombreuses situations de guerre et de tension».

Devant les représentants du monde, Benoît XVI a mis en avant «le défi qui consiste à promouvoir et à consolider tout ce qu’il y a de positif dans le monde et à surmonter, avec bonne volonté, sagesse et ténacité tout ce qui blesse, dégrade et tue l’homme». C’est en respectant la personne humaine, a-t-il indiqué, qu’il sera possible de «promouvoir la paix» et «c’est en bâtissant la paix que sont jetées les bases d’un authentique humanisme intégral». Le thème du message du pape pour la paix de 2007 s’intitule ’personne humaine, coeur de la paix’.

Le scandale du manque d’eau et de nourriture.

Après avoir adressé ses voeux aux ambassadeurs, le pape a invité les diplomates à «porter un regard sur la situation internationale» afin d’envisager les défis qu’elle représente, pensant en premier lieu «aux femmes et aux enfants qui manquent d’eau, de nourriture, de toit». «Le scandale de la faim (.) est inacceptable», a ainsi affirmé Benoît XVI, avant de demander un changement des «modes de vie» de chacun et d’inviter «les responsables des nations les plus riches à prendre les dispositions nécessaires pour que les pays pauvres, souvent pleins de richesses naturelles, puissent bénéficier des fruits des biens qui leur appartiennent en propre».

.et de l’augmentation de dépenses militaires

Le pape a alors souhaité «la poursuite et l’accélération du processus d’annulation et de réduction de la dette des pays les plus pauvres». Il a aussi déploré «l’augmentation des dépenses militaires à l’échelle mondiale» et l’aggravation des questions de sécurité par le terrorisme, qualifié de «voie sans issue» à «condamner fermement». En outre, Benoît XVI a indiqué qu’il était «illusoire» de penser que les phénomènes migratoires pourraient être «bloqués ou contrôlés simplement par la force», demandant au contraire «humanité, justice et compassion».

Devant les diplomates, Benoît XVI s’est dit préoccupé par les «continuelles atteintes à la vie», regrettant la tentative, en Afrique, «de banaliser subrepticement l’avortement». Le pape a ainsi dénoncé le ’Protocole de Maputo’ d’octobre 2005, relatif aux droits des femmes, ainsi que le ’Plan d’action’ adopté par les ministres de la santé de l’Union Africaine et bientôt soumis au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement. Il a aussi fait part «des menaces contre la structure naturelle de la famille (.) et des tentatives de la relativiser en lui donnant le même statut que d’autres formes d’union radicalement différentes». Il a aussi mis en garde contre «les tentatives de légitimer le clonage humain pour d’hypothétiques fins thérapeutiques».

Evoquant les «éléments positifs qui caractérisent notre époque», Benoît XVI a d’abord mentionné «la prise de conscience croissante de l’importance du dialogue entre les cultures et entre les religions», la qualifiant de «nécessité vitale». Il a aussi noté «le développement de la prise de conscience de la communauté internationale face aux énormes défis de notre temps».

L’Afrique

Puis, le pape a fait un tour d’horizon de la situation internationale, accordant une large place au continent africain. «N’oublions pas l’Afrique et ses nombreuses situations de guerre et de tension», a-t-il lancé, rappelant que «seules les négociations entre les différents protagonistes peuvent ouvrir la voie à un règlement juste des conflits et faire entrevoir des progrès vers la consolidation de la paix».

Face à une communauté internationale «impuissante» devant le «drame du Darfour», Benoît XVI a souhaité une «collaboration active» entre tous les protagonistes du conflit. Il a évoqué l’aggravation de la situation dans la Corne de l’Afrique, mais aussi les progrès survenus en Ouganda. Confiant sa préoccupation pour la région des Grands Lacs, «ensanglantée (.) par des guerres sans merci», le pape a aussi souhaité le retour «au désarmement et à la pacification» en Côte d’Ivoire et «l’appui de la communauté internationale» pour l’Afrique australe.

L’Amérique latine

Evoquant son prochain voyage au Brésil, en mai 2007, le pape a tourné son regard vers l’Amérique Latine et les Caraïbes, notant «l’amélioration de certains indices économiques» ou «l’engagement dans la lutte contre le trafic de drogue et contre la corruption». Faisant référence à «des élections qui se sont déroulées l’année dernière dans plusieurs pays», le pape a souligné le rôle positif de la démocratie et mis en garde contre «le risque que l’exercice de la démocratie se transforme en dictature du relativisme».

Après avoir demandé que «tous les efforts» soient faits pour la libération des otages en Colombie, Benoît XVI a espéré que chaque cubain «puisse réaliser ses aspirations légitimes», appelant à «l’ouverture» de Cuba avec les autres pays. Il a aussi souhaité que le peuple haïtien puisse «devenir artisan de son propre développement, dans un climat de réconciliation et de concorde».

L’Asie

Sur le continent asiatique, Benoît XVI a souhaité que la présence croissante sur la scène internationale de la Chine et de l’Inde «entraîne des bénéfices pour les populations elles-mêmes et pour les autres nations». Le pape a pensé aux communautés chrétiennes des pays d’Asie, «petites mais vivantes», affirmant qu’elles «désirent légitimement pouvoir vivre et agir dans un climat de liberté religieuse». Le pape a noté la «fragilité des processus de démocratisation» au Timor oriental. Il a regretté les «dangereux foyers de tension» qui couvent dans la péninsule de Corée, indiquant que «la réconciliation du peuple coréen et la dénucléarisation de la péninsule (.) auront des effets bénéfiques dans toute la région». Souhaitant la poursuite de négociations en ce sens, le pape a invité à «éviter les gestes qui puissent compromettre les pourparlers, sans toutefois conditionner aux résultats les aides humanitaires destinées aux couches de la population nord-coréenne les plus vulnérables».

Après avoir dit sa préoccupation concernant une «augmentation notable de la violence et des attaques terroristes» en Afghanistan, le pape a évoqué l’intensification du conflit au Sri Lanka.

Le Proche-Orient

Benoît XVI a ensuite confié les «grandes inquiétudes» relatives à la situation au Proche-Orient. «Le Saint-Siège ne se lassera jamais de répéter que les solutions armées n’aboutissent à rien, comme on l’a vu au Liban l’été dernier», a affirmé le pape. «Les Libanais, a-t-il encore déclaré, ont droit à voir respectées l’intégrité et la souveraineté de leur pays; les Israéliens ont le droit de vivre en paix dans leur Etat; les Palestiniens ont droit à une patrie libre et souveraine».

Ainsi, selon le pape, «si chacun des peuples de la région voit ses attentes prises en considération et se sent moins menacé, la confiance mutuelle se renforcera». Une confiance qui «se développera», a aussi expliqué Benoît XVI, «si un pays comme l’Iran, tout spécialement en ce qui concerne son programme nucléaire, accepte de donner une réponse satisfaisante aux préoccupations légitimes de la communauté internationale». Le pape a aussi souhaité que finisse «l’épouvantable violence qui ensanglante» l’Irak.

Et l’Europe

Concernant l’Europe, à quelques mois du cinquantième anniversaire du Traité de Rome (25 mars 1957), Benoît XVI a souhaité que «les valeurs fondamentales qui sont à la base de la dignité humaine soient pleinement protégées, en particulier la liberté religieuse dans toutes ses dimensions et les droits institutionnels des Eglises». En Europe, a-t-il expliqué, il convient de «construire un avenir libre de toute oppression et de tout conditionnement idéologique», de «tisser des liens d’amitié et de fraternité», de «manifester sollicitude et solidarité envers les plus pauvres et les plus petits». Le pape a encore souhaité que «les tensions du passé» soient purifiées avant de souligner la nécessité de faciliter, dans la région des Balkans, l’intégration des nations qui la composent dans les structures continentales.

La traditionnelle audience au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, dans la salle royale du palais apostolique, a duré un peu moins d’une heure trente. Les épaules couvertes d’une étole rouge brodée d’or à ses armes et d’une mozette rouge et blanche en fourrure, Benoît XVI a salué un à un les participants à cette audience au terme de son intervention.

La République du Monténégro et le Saint-Siège ont établi des relations diplomatiques le 16 décembre 2006. Désormais, 175 Etats entretiennent ainsi des relations diplomatiques pleines avec le Saint-Siège. A ces Etats s’ajoutent la Communauté européenne, l’Ordre souverain militaire de Malte, et deux missions à caractère spécial : la Mission de la Fédération de Russie et le Bureau de l’Autorité nationale palestinienne (ANP). (apic/imedia/ami/pr)

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