Une situation très répandue à l’époque

Affaire Wielgus: Joaquin Navarro-Valls invite à remettre les faits en perspective

Rome, 8 janvier 2007 (Apic) Il faut «bien connaître la situation pour mettre les faits en perspective», a estimé le 8 janvier Joaquin Navarro-Valls au sujet des accusations faites contre des prêtres polonais de compromission avec le régime communiste.

L’ancien porte-parole de Jean Paul II s’exprime dans le quotidien «La Repubblica», au lendemain de la démission de Mgr Stanislaw Wielgus qui devait prendre possession de son diocèse de Varsovie, le 7 janvier.

«Comme je l’ai appris moi-même lors de mes séjours en Pologne au début des années 1980, il faut bien connaître la situation pour mettre les faits en perspective», a ainsi déclaré Joaquin Navarro-Valls en livrant son témoignage de collaborateur du pape polonais pendant plus de 20 ans. «Dans cet esprit, les motivations (pour sa collaboration avec le régime communiste, ndlr) données par le nouvel archevêque polonais, c’est-à-dire la possibilité d’étudier à l’étranger et garantir sa propre sécurité, décrivent une situation, une logique, qui étaient très répandues à cette époque dans les pays de l’Est», a-t-il estimé. D’après lui, Stanislaw Wielgus «n’aurait jamais pu avoir les autorisations pour étudier à l’étranger s’il n’avait pas accepté le compromis offert par le régime». Cette situation «était commune à beaucoup de ses concitoyens, prêtres ou pas», a insisté l’ancien directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Dans ces pays de l’ancien bloc communiste, «la situation pour beaucoup de prêtres et d’évêques était très difficile à vivre», a-t-il poursuivi. Ils vivaient en effet «dans une tension permanente entre héroïsme et compromis». Car «tout dépendait du caprice idéologique du pouvoir».

Concernant la perception de «cette réalité très claire» pour Jean Paul II, Joaquin Navarro-Valls a confié que le pape défunt lui avait dit, «en faisant référence à ces faits», qu’il «fallait apprendre à pardonner». Même s’il disait aussi «qu’il n’y avait besoin d’aucun pardon pour les ’fautes’ de tant de personnes commises pendant ces années».

Les services secrets communistes cherchèrent à enrôler Karol Wojtyla, a encore révélé Joaquin Navarro-Valls. «Une fois, je l’ai entendu raconter avec un brin d’ironie» qu’il avait été convoqué par la police «pour des interrogatoires inévitables et fréquents», s’est-il rappelé. Jean Paul II expliquait que les services secrets communistes «pensaient qu’un jour, il aurait pu collaborer».

Benoît XVI a accepté la démission de Mgr Stanislaw Wielgus, archevêque de Varsovie, convaincu de collaboration avec l’ancienne police secrète communiste, le 7 janvier. Le pape a accepté cette démission et nommé le cardinal Joseph Glemp, primat de Pologne, que Mgr Wielgus devait remplacer, administrateur diocésain de Varsovie «jusqu’à ce que de nouvelles dispositions soient prises».

Après avoir fermement nié les accusations de collaboration avec la police secrète communiste, le 5 janvier, Mgr Wielgus a avoué sa faute. Il a aussi indiqué s’être confessé au pape dont il attendait la décision à laquelle, il se plierait. (apic/imedia/ar/pr)

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