Irak: Un Irak divisé n’aura pas la paix et les chrétiens seront relégués dans un ghetto
Kirkouk, 16 janvier 2007 (Apic) L’Irak se dirige vers une division ethnique terrible, les attaques que se livrent sunnites et chiites, l’exécution de Saddam Hussein et de ses collaborateurs précipitent le pays vers sa ruine. Mgr Louis Sako, archevêque chaldéen de Kirkouk, au nord de l’Irak, voit un avenir sombre pour son pays.
Archevêque de Kirkouk, une ville multi-ethnique riche en pétrole, revendiquée par les Kurdes, qui veulent en faire leur métropole, mais également peuplée d’Arabes, d’Assyriens et de Turcomans, Mgr Sako relève les dangers du séparatisme qui risque de détruire l’Irak.
«Les sites internet et les journaux publient déjà les nouvelles cartes politiques», relève-t-il, avec le nord pour les Kurdes, le sud pour les Chiites et le centre pour les Sunnites. Le problème le plus grave est pour les réalités multiethniques, comme sont la ville de Kirkouk et l’Eglise. L’archevêque estime que sa ville, très riche en pétrole et en gaz naturel, est une «bombe à retardement», une source de dangereuses tensions.
Quant aux chrétiens, dans ce vaste affrontement, ils risquent de devoir vivre dans une région servant de ghetto, alors que le mieux pour eux serait que les autorités garantissent une liberté religieuse égale pour tous et dans toutes les parties du pays. Malheureusement, relève-t-il dans une interview accordée mardi à l’agence AsiaNews, l’Irak va à grands pas vers une division territoriale et les troupes d’occupation américaines ne font pas obstacle à cette tendance.
Cette division du pays aura également de graves conséquences sur les pays voisins comme la Turquie, la Syrie et l’Iran, où les Kurdes demandent une plus grande autonomie ou l’indépendance, au grand dam de leur gouvernement. «La division de l’Irak n’est pas une solution et n’apportera ni la paix ni la stabilité à la région», insiste l’archevêque de Kirkouk.
Pour Mgr Sako, l’exécution de Saddam Hussein et de ses collaborateurs a encore aggravé le fossé entre sunnites et chiites, surtout de la manière «tragique et irrespectueuse» dont cela s’est passé. Pour les sunnites, sans conteste, la cause de leur marginalisation et de ce qui se passe en Irak est l’Iran chiite. «Les chiites ont pris le pouvoir, mais le gouvernement actuel n’a pas réussi à réaliser la réconciliation tant attendue, ni à assurer la paix».
L’archevêque de Kirkouk relève que les chrétiens vivent dans des difficultés croissantes et ils risquent d’être complètement marginalisés dans l’Irak de demain. Il estime dangereux de leur créer un ghetto dans la plaine de Ninive. (apic/asian/be)
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