Des dizaines de milliers de personnes ont assisté à ses obsèques

Sénégal: L’abbé Diamacoune Senghor a été inhumé samedi 20 janvier

Dakar (Sénégal), 21 janvier 2007 (Apic) Des dizaines de milliers de personnes ont assisté samedi 20 janvier, à Ziguinchor (sud du Sénégal), aux funérailles de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor.

Décédé à l’hôpital militaire du Val de Grâce à Paris, dans la nuit du 13 au 14 janvier dernier à l’âge de 78 ans, l’abbé Augustin Diamacoune Senghor est à l’origine de lutte armée en Casamance. Surnommé le «prêtre rebelle», il dirigeait le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) qu’il avait créé pour l’indépendance de cette région sud du Sénégal.

Après son décès, l’Eglise diocésaine de Ziguinchor et sa famille se disputaient le lieu de son enterrement. La famille, animiste, souhaitait qu’il soit enterré dans son village natal de Sengalène (basse Casamance) dans la pure tradition locale. Pour l’Eglise catholique, il devait être inhumé dans le cimetière des prêtres de Brin car il était membre du clergé. Brin est situé à une dizaine de km à l’ouest de Ziguinchor. L’Etat sénégalais était représenté aux obsèques, par une délégation officielle conduite par Mbaye Jacques Diop, président du Conseil de république pour les affaires économiques et sociales (CRAES). Une délégation de l’ambassade de France au Sénégal a aussi assisté à la cérémonie de prière à la cathédrale saint-Padoue de Ziguinchor.

L’Eglise du Sénégal lui avait interdit de dire la messe

Outre les évêques des régions sud de Ziguinchor et Kolda qui forment la Casamance, des prélats de Gambie et de Guinée-Bissau ont assisté aux obsèques.L’église avait été prise d’assaut dès les premières heures de la matinée, par une foule nombreuse de catholiques, de musulmans, et d’animistes, qui vivent ensemble pacifiquement en Casamance.

Le corps de l’abbé Diamacoune Senghor était arrivé par avion au milieu d’un imposant dispositif de sécurité. Les prêtres de l’Eglise diocésaine de Ziguinchor à laquelle il appartenait, ainsi que ses parents et partisans au sein du MFDC étaient là pour réceptionner le corps à Ziguinchor. Le cercueil a ensuite été transporté à la cathédrale saint-Antoine de Padoue.

Plus d’une dizaine d’années avant sa mort, l’Eglise du Sénégal avait interdit à l’abbé Diamacoune Senghor de dire la messe et de diriger toute autre manifestation religieuse. Des sources catholiques déclaraient le 16 janvier à l’Apic que depuis plus d’une dizaine d’années, l’abbé Diamacoune Senghor avait été interdit de célébration de messe et de toute autre action au nom de l’Eglise. (apic/ibc/bb/vb)

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